Récap’ séries TV 2016 – Part 6: Frissons fantastiques

 

 

Retrouvez les premières parties du grand récap’ séries TV 2016 ici.

 

Stranger Things saison 1 – 8 épisodes

Stranger-Things-Stephen-King

 

Sortie au milieu de l’été, cette nouvelle série estampillée Netflix connait un succès immédiat et fait donc beaucoup parler d’elle, ne manquant pas d’alimenter les débats enflammés sur les réseaux sociaux. Petite perle horrifique sincère et sombre pour certains, gros patchwork indigeste et sans inventivité pour d’autres. Qu’en est-il vraiment de Stranger Things ? (Bon, si tant est que ces quelques lignes puissent témoigner d’une quelconque vérité absolue…)

Dès sa diffusion, Stranger Things est aussitôt acclamée par une partie de son audience (qu’on imagine large même si Netflix reste très secret à ce sujet), notamment par Guillermo Del Toro ainsi que par l’un de ses modèles les plus prestigieux : Stephen King himself. Qu’il ait pu avoir l’impression d’y voir l’adaptation d’un livre qu’il ne souvient pourtant pas avoir écrit n’a rien de surprenant tant Stranger Things emprunte au Maître de l’horreur, notamment Stand by me, Carrie, The Myst ou encore Ça. L’univers du King se mêle ici avec celui d’Amblin, mettant également en scène des enfants confrontés à l’irruption du surnaturel dans ce qui apparaît comme l’endroit à priori le plus familier qui soit : la bonne vieille banlieue américaine. Stranger Things et ses personnages évoquent également Freaks and Geeks, la série aussi éphémère que culte de Judd Apatow et Paul Feig, qui prenait également place dans les années 80. Si on ajoute un univers parallèle en mode Lovecraft, des expériences à la Au-delà du réel, un enfant télékiésiste à la Akira, une poursuite en vélo à la E.T et un final mêlant Aliens, Resident Evil et Silent Hill, vous aurez compris que la petite nouvelle de chez Netflix n’a rien de bien neuf.

Le succès de Stranger Things n’est alors pas très surprenant au vu de l’engouement nostalgique généralisé pour les années 80, d’autant que l’affaire est plutôt bien produite. Ainsi, la reconstitution, quand elle n’abuse pas à outrance des posters référentiels (…member Jaws, Evil Dead, The Thing ?!…), est des plus réussies, des bagnoles aux costumes jusqu’au casting ressuscitant le Kevin Bacon de Footloose et la Mia Sara de Ferris Bueller via le couple incarné par Charlie Heaton et Natalia Dyer. Les autres acteurs sont aussi relativement convaincant, que ce soit les enfants (devenus depuis experts têtes à claques de la promo), David Harbour ou encore un Matthew Modine ténébreux comme il peut. Aussi, on est content de retrouver Winona Ryder, même en roue libre totale. Pour sa défense, faut dire que son rôle justifie tout à fait une certaine hystérie et que, au vu de sa récente performance au SAG Awards, la bougre était peut-être finalement toute en retenue.

 

2017.02 - Stranger Things

 

Si l’orgie de clins d’œil n’a pas manqué d’en saouler plus d’un, c’est avant tout parce qu’elle ne suffit pas à masquer un manque total de partis pris créatifs : découpage peu inspiré, raccourcis scénaristiques embarrassants… Contrairement à un Kill Bill où Tarantino mettait également en place un large spectre référentiel sans pour autant oublier de s’affirmer en tant qu’auteur (notamment grâce à son deuxième volume plus iconoclaste), on peine à savoir, au terme des huit épisodes de Stranger Things, qui sont les frangins Duffer à part des spectateurs lambda des années 80 qui récitent leur leçon. On en vient même à se demander, lors d’un emprunt à un Under the Skin pas vraiment très 80’s, s’ils ne sont pas juste de simples pillards, finalement plus proches d’un Luc Besson que d’un Joe Dante (cf l’épisode 10 de Chroma qui revient sur le génie référentiel du Maître).

Il s’agirait de ne pas complètement cracher dans la soupe non plus car, au-delà de son opportunisme nostalgique, de son manque flagrant d’inventivité et de quelques effets spéciaux douteux (la créature tout droit sorti d’un Resident Evil… sur Playstation 1 !), Stranger Things reste malgré tout un sympathique divertissement pour l’été. Son succès l’ayant forcément condamné à une deuxième saison avec les mêmes personnages (là où une anthologie aurait pu être bienvenue), on espère, sans trop d’espoir, que les frères Duffer sauront enfin faire quelque chose de leur doudou.

Hollyshit

 

 

American Horror Story: Roanoke – 10 épisodes

 

ROANOKE

 

Cette sixième saison d’American Horror Story s’annonçait comme une grande révolution dans la série, épousant un nouveau concept qui va plus loin que les précédentes.
Parodiant les émissions de docu paranormaux, où des témoins racontent leur expérience, en parallèle d’une reconstitution jouée par des acteurs, cette nouvelle saison se plaît à jouer des codes de ce format télévisuel, avant de basculer en seconde partie dans le found footage pur. Créant une légende autour du mystère de la Colonie perdue de Roanoke, cette saison 6 se démarque surtout dans sa forme, notamment le choix de caméra subjective et intradiégétique de la seconde partie.
Et c’est peut être là que le bas blesse… La première moitié (l’émission télé) fonctionne moyennement, notamment à cause d’une intrigue ralentie par le rythme saccadé inhérent à son procédé. Quand à la seconde, même si elle repose sur une idée astucieuse (mettre ensemble le couple qui témoignait avec les acteurs qui les interprétaient dans l’émission), ses références, sorte de best of de l’Horreur de 2000 à 2010, de la J-Horror à James Wan, du found footage au torture porn, sont légions et souvent peu finaudes, du coup, il y a peu de surprises pour peu que l’on connaisse les films qu’elle imite. La caméra intégrée à l’histoire oblige par moment les scenaristes à user des grosses ficelles pour caser des caméras partout et justifier les multiples angles et points de vue, même si cela doit friser le ridicule (le collier de Cuba Gooding Jr pour ne citer que lui).

Néanmoins, en terme de mise en scène pure, c’est probablement la saison la plus recherchée et la plus complexe. La performance est à souligner, tout comme celles d’un casting toujours aussi classe, de Kathy Bates à Angela Basset en passant par mes chouchous perso Sarah Paulson et Evan Peters.
La série cartonne toujours et a été renouvelée pour une septième saison, sans pour autant qu’on n’en sache le sujet. En l’attendant, on pourra déjà zieuter sur Feud, la série de Murphy produite par Brad Pitt, dont la première saison Bette and Joan sera lancée le 5 mars, avec Jessica Lange en Joan Crawford,et Susan Sarandon en Bette Davis.

 

Lullaby Firefly

 

 

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