Chips-Movie: La Planète des Tempêtes

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Planeta bur
De Pavel Klouchantsev
Avec Vladimir Emelianov, Guerorgui JJenov et Guennadi Vernov.
URSS – 1962 – 1h28
Rating: ★★★★☆

 

Alors qu’une expédition spatiale soviétique arrive enfin à sa destination, à savoir Vénus, l’un des trois vaisseaux qui la compose est détruit par un astéroïde. Les cosmonautes restants décident malgré tout de se poser sur la planète, laissant la seule femme du groupe en orbite afin de garder le contact avec la terre, et éventuellement faire un petit coup de ménage ! Nos cinq mâles soviets, accompagnés par un gros robot (cousin russe de notre chère mascotte Robby le robot), se lancent donc à la découverte de la planète dont les tempêtes dissimulent bien des choses…
planete de tempetes
Petit trésor méconnu de la science fiction russe, La Planète des tempêtes semble s’inspirer directement de La Planète interdite de Fred Wilcox (au-delà même de leurs robots patauds) en explorant un nouveau monde haut en couleur et plein de surprises. L’approche de Pavel Klouchantsev se veut plus réaliste et son expédition se veut davantage portée sur le naturalisme, l’enjeu étant ici de découvrir la faune et la flore d’une Vénus plus exotique que jamais (on passe allègrement des dinosaures aux plantes tentaculaires). Alors certes, les méthodes de nos scientifiques peuvent nous sembler quelques peu déplacées (un exemple : tirer en rigolant sur la queue d’un diplodocus pour effectuer des prélèvements) mais rappelons quand même que dans Prometheus, l’un des cosmonautes (dont les costumes partagent d’ailleurs plusieurs similitudes) avait un diffuseur de weed dans son casque !

 

Entre les découvertes biologiques bigarrées et les péripéties qui ne manqueront pas de gâter le voyage, La planète des tempêtes a tout de la bonne vieille série B bien fun mais malgré tout riche dans ses thématiques. Ainsi, le film commence en réalité dans une ambiance des plus lourdes (ce qui se comprend aux vus des événements tragiques qui introduisent l’histoire) et soulève des questionnements, non sans une certaine austérité, sur les notions de sacrifices et de responsabilités scientifiques inhérentes à ce genre de mission. Cette introduction nous montre la volonté de Klouchantsev de nous livrer une science-fiction rigoureuse et malgré tout crédible même si elle laisse également une large place au rêve, la suite de la La planète des tempête se concentrant davantage sur le mystère et le plaisir de la découverte. Et à ce niveau là, le film se montre particulièrement généreux, multipliant les créatures de toutes sortes et nous conduisant des canyons volcaniques aux fonds marins de Vénus (si si !). Et pour ce qui est de la patine kitsch de ses effets spéciaux, il est bon de rappeler qu’en ce temps là, Pierre Bachelet avait vingt ans et qu’on était encore loin d’Avatar. Qu’importe, Klouchantsev assume de toute façon parfaitement ces effets qui confèrent au film une vraie poésie tout à fait à propos pour traduire le périple de ces explorateurs qui évoquent les récits de Jules Verne et  le Voyage dans la lune de Méliès tout en préfigurant le Voyage fantastique de Richard Fleischer. Le cinéaste russe ajoute aussi à son film une dimension mythologique via le mystérieux chant féminin qui attire, tel les Sirènes avec l’équipage d’Ulysse, nos cosmonautes jusqu’à une révélation finale des plus lyriques.

 

 

Certains s’amuseront certainement de certaines scènes, notamment celle où notre super robot pataud galère méchamment, avec ses gros doigts (et plus généralement un costume qu’on imagine bien inconfortable), à administrer des soins à un cosmonaute en pleine asphyxie. D’autre ne goûteront tout simplement pas au charme de cette Planète des tempêtes. Ainsi, le film ne connaîtra pas le succès escompté, notamment auprès du ministère de la culture, et Klouchantsev fût écarté des plateaux de cinéma. Il traversera malgré tout les frontières sous le titre Voyage sur la planète préhistorique, après être néanmoins passé à la moulinette de Roger Corman qui le fera en parti retourner avec Basil Rathbone, gommant un peu l’aspect soviétique de l’ensemble et donnant évidemment plus d’importance aux  nymphettes vénusiennes (que vous devinez blondes à fortes poitrines). Cette version fût remarqué notamment par Stanley Kubrick et George Lucas qui partira même jusqu’en URSS à la rencontre de Pavel Klouchantsev mais en vain, l’homme étant oublié de tous. C’est bien dommage car son film, que Télérama a pu qualifier de « nanar qui a inspiré Star Wars« , vaut largement plus qu’il n’y paraît.

 
 

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