Récap’ séries TV 2016 – Part 3: Les séries musicales

Recap série 3

 

Suite du récap des séries (dont vous pouvez retrouver la partie 1 ici et la partie 2 là), consacrée aux séries musicales de 2016, année prolifique pour le genre, ayant débuté fort avec Vinyl, la série de Scorsese et Jagger, dont Hollyshit vous parlait dans un papier dédié, aussitôt hypée, aussitôt annulée par HBO, pour se terminer en apothéose avec Atlanta. Retour sur les séries qui ont groové cette morne année 2016!

 

 

Atlanta Saison 1 – 10 épisodes

ATLANTA

 

On n’a pas souvent l’occasion de tomber sur une série du niveau d’excellence d’Atlanta.

Et si l’écoute de ce qui est probablement le meilleur album soûl/funk  (voire toute catégorie) de 2016, Awaken my love, ne vous avait pas convaincu du génie de Childish Gambino, la vision de la série écrite et jouée par son alter ego Donald Glover va définitivement vous en convaincre.

Même si elle conserve la durée du sitcom de 20 minutes, Atlanta n’en est pas une, demeurant ancrée dans un réalisme et une conscience aiguë de son époque et des préoccupations sociétales, même si le ton comique et l’absurde lui confèrent une certaine légèreté.

Atlanta parle de la banlieue et des galères que rencontrent ses habitants, mais sans misérabilisme ni tape à l’oeil, sans forcer les références à l’actualité, mettant juste en scène des situations assez significatives de ce qu’est être noir à Atlanta (et partout aux US) en 2016. On y suit Earn, qui, après avoir abandonné Princeton, devient l’agent de son cousin Paper Boi, rappeur en passe de devenir une star de la scène rap locale pour pouvoir enfin subvenir au besoin de sa fille et reconquérir la mère de celle ci, Van.

Ponctuée de situations hautement symboliques d’un malaise social, la série aborde différents problèmes que traversent la communauté noire américaine – le rapport aux flics, à l’homosexualité, à la transidentité, à la convergence des luttes (principe militant souhaitant lutter contre les discriminations dans leur globalité par un grand rassemblement de tous les concernés), sans exagération ni apitoiement.

Mais surtout Atlanta parle du rap, point de départ de la série, de comment la société stigmatise encore les rappeurs et combien la musique reste pourtant la meilleure alternative à la criminalité pour se sortir de la misère. La B.O, subtilement utilisée intra et extra diégétiquement, mélange gros sons hip hop, dont certaines stars d’Atlanta comme T.I ou Migos, et douceurs soul & Funk avec des morceaux de Billy Paul ou de Funkadelic dedans.

Brillamment écrite et interprétée par un panel d’acteurs talentueux, la plupart du temps cantonnés aux petits rôles, le tout bercé par une ost de choix, Atlanta est probablement la meilleure série de l’année. Vivement la suite en 2018.

Lullaby Firefly

 

 

The Get Down – saison 1 – 6 épisodes

The-Get-Down

 

A peine la série Vinyl était-elle annulée que nous replongions dans le New York des années 70, sur Netflix cette fois, pour explorer un mouvement artistique encore à ses balbutiements mais qui ne manquera pas de s’imposer à l’orée du XXIème siècle : le Hip-Hop. Si la série de HBO (qui traitait d’ailleurs du Hip-Hop au détour d’une scène remarquable) portait le seau de Scorsese, il en va de même pour The Get Down, fortement marqué du style de son co-créateur Baz Luhrman.  Ainsi, la série est forcément déconseillée aux allergiques du metteur en scène australien qui ne lui pardonneront pas ses excès visuels et ses débordements émotionnels, aussi bien lors de numéros musicaux enjoués que de complaintes mélodramatiques.

Aussi, ceux qui attendait de Luhrman du réalisme, de la retenue et de la rigueur historique seront évidemment déçus puisqu’il n’hésite pas à fictionnaliser cette naissance du Hip-Hop. Il fait ainsi de son héros le poète Zeke une véritable figure romantique (reprenant la même structure que dans Moulin Rouge !, il raconte son histoire des années plus tard, ici via un rap proclamé sur la scène du Madison Square Garden) et du charismatique Shaolin Fantastic, à la fois graffeur, aspirant DJ et livreur pro du parkour pour les gangs, une sorte de super-héros du Bronx. Les deux compères (dont on sait dès le départ que l’amitié tournera au tragique) vont à la rencontre du jeune mais déjà précurseur Grandmaster Flash pour apprendre le fameux « Get Down » et former ainsi leur crew : Shaolin Fantastic et ses Fantastic four ! La reconstitution du Bronx littéralement embrasé de l’époque a de quoi impressionner même si, entre les gangs à la The Warriors et les combines politiques, l’ensemble reste très sage. La série nous permet de prendre la température d’un bouillonnement culturel, Luhrman n’hésitant pas à confronter ou à mêler (flirtant souvent avec la caricature) le disco mais aussi le gospel au Hip-Hop, traité également par le breakdance et le graffiti.

 

Après un flamboyant premier épisode d’une heure et demi, on regrette que le reste de la série ne soit pas toujours à la hauteur et peine à développer des enjeux si bien mis en place. En espérant qu’elle prenne pleinement son envol dans une deuxième saison, The Get Down séduit par son énergie très personnelle (mais bordélique ?) et quelques fulgurances de mise en scène, Luhrman, dans sa créativité débridée (mais incontrôlée ?), faisant souvent mouche. Pour ceux qui ne seront donc pas sensibles à cette proposition aussi mythologique que pop (Romeo + Juliet était déjà une version MTV de la pièce de Shakespeare), il y a fort à parier que ce sujet ne manquera pas d’être davantage traité au cinéma ou à la télévision dans les années à venir.

Hollyshit

 

 

Empire –  fin de saison 2 & début de la saison 3 – 8 & 9 épisodes

EMPIRE

 

La série de Lee Daniels et Danny Strong s’est poursuivie en deux temps en 2016, avec la fin de la seconde saison et le début de la suivante, respectivement diffusées sur la Fox, de mars à mai, puis de septembre à décembre (la fin de la troisième étant prévue pour mars 2017). Et autant dire que beaucoup de choses ont changé avec ces deux moitiés de saison.

Là où la saison 1 se voulait  plus réaliste, la seconde devient plus fantasque, épousant davantage l’aspect dynastie des séries Spelling, mais gardant une BO résolument cool et emplie de tubes, parfois meilleurs même que ceux de la précédente. Même si les déboires de Lucious et de sa famille prennent une tournure too much drama, la récurrence de bonnes chansons permettait encore à la série de garder de sa superbe jusqu’au climax final.

Mais le départ de Timbaland après cette seconde saison se fait grandement ressentir sur la suite, la série perdant un atout indéniable de son identité. Cette nouvelle saison se retrouve dépourvue de toute chanson marquante (ballot quand la vente des soundtracks sur iTunes fait partie du biz) et la street cred des artistes labellisés Empire en patît pas mal au passage.

Les différents revirements conduisent au final à un enchaînement un peu systématique de dramas, quitte à lancer des ficelles pour les survoler quand on ne les abandonne tout bonnement pas, et à perdre en cohérence. Symptôme un peu évident de l’épisode pensé à la semaine, se terminant toujours sur un cliffhanger qui va maintenir le spectateur en impatience jusqu’à l’épisode suivant. Très compliqué donc à binger car on finit par se lasser des multiples twist et des réactions exacerbées des personnages.
En reste tout de même Cookie <3 débordante de charisme et d’humour, qui demeure toujours un des meilleurs perso féminins jamais écrits dans le genre. Mais quand l’atout principal d’une série musicale n’est plus la musique, difficile d’être optimiste pour la suite. Suite qui durera encore une saison, puisque la Fox a annoncé sa reconduction le 11 janvier dernier.

Lullaby Firefly

 

Partager cet article
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • email

Ca peut également vous intéresser:

About Celluloidz