Critique: Captain Fantastic

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Captain Fantastic

De Matt Ross

Avec Viggo Mortensen, George Mackay, Samantha Isler, Annalise Basso, Nicholas Hamilton, Shree Crooks et Charlie Shotwell

Etats-Unis – 2016 – 1h58

Rating: ★★★★★

captain-fantastic

Ben Cash vit avec ses 6 enfants Bodevan, Kielyr, Vespyr, Rellian, Zaja et Naï dans les forêts reculées du nord-ouest des Etats-Unis depuis presque 10 ans. La mère, Leslie, est hospitalisée suite à des troubles bipolaires. Ben apprend non seulement qu’elle est suicidée, mais que le père de celle-ci, lui interdit de venir aux funérailles sous risque de se faire arrêter par la police…

Le sous-titre de la critique, « Portrait craché d’une famille modèle », est en référence au film de 1989 de Ron Howard, avec entre autres Steve Martin, Dianne Wiest, Mary Steenburgen, Keaunu Reeves, Rick Moranis et Joaquin Phoenix. Le film montrait une famille de classe moyenne américaine avec ses souhaits et ses désillusions face au concept de l’American Dream. On est touché de leur maladresse et de leur déboire. Ici, pas d’American Dream, les enfants de Ben ont déjà compris l’imposture de la chose, à la place il nous est montré ce que l’Amérique a de plus beau : ses paysages. Car oui, les Etats-Unis sont sûrement le plus beau pays du monde, mais sûrement habité par les pires personnes de la planète, une chose que les enfants de Ben ont aussi compris. Par conséquent, dans la première partie du film, le réalisateur met en place une dramaturgie de la nature : la vie en forêt dans les arbres, la chasse au cerf à mains nues comme rite de passage ou l’escalade sous la pluie. Mais c’est aussi apprendre à survivre en territoire hostile. Pour autant, le scénario et le récit montrent que complémenter ceci avec le savoir et la connaissance est l’éducation idéale : savoir qui est Pol Pot, connaître la Constitution Américaine, étudier la mécanique quantique, parler plusieurs langues ou fêter l’anniversaire de Noam Chomsky plutôt que Noël.

Puis dans la seconde partie, c’est un road-movie où le film se définit de plus en plus en conte d’initiation, quitte à même concerner le père. Car ses enfants vont se retrouver plonger dans le monde réel (comprendre le monde libéral, technologique et consumériste) et ne seront peut-être à réagir correctement. Le récit s’imprègne d’humour de situation et de constat (découvrir l’obésité, ne pas connaître Star Trek ou être effrayé des jeux vidéos). Et cela renvoie aux limites d’une vie marginale : problème de sociabilité (l’aîné Bodevan qui, dès la première fille rencontrée, la demande en mariage), méconnaissance de la ville (l’accident de Vesper) ou la question de la nourriture saine (refuser de manger dans les dinners mais voler dans les supermarchés). Faire de ses enfants des philosophes-rois, plutôt que de voir ses enfants comme notre plus grand aboutissement, est la clé de l’éducation, voire la clé de l’amour entre parents/enfants. Car Viggo Mortensen, que ce soit dans ce film ou dans La Route, est excellent en père courage et taiseux mais toujours souple. Quant aux enfants, ils sont chacun excellents, de la première scène de musique par exemple, mais aussi première scène de défiance face au père, à la dernière scène de musique où la famille reprend Sweet Child O’ Mine (ils ont réussi à me faire aimer Guns’N’Roses).

Et ce film d’apprentissage nous renvoie à nos propres convictions, à nos propres valeurs et en conclusion nous fait comprendre, l’importance, la force et le poids du compromis dans notre monde actuel.

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…