Ca sort cette semaine (ou presque) au ciné et en DVD #2

 

 

Matt Damon en fervent défenseur de l’Empire du Milieu, un film d’espionnage made in France, une romance humanitaire signée Sean Penn et le chouchou déchu des Oscars 2017, ça sort cette semaine – ou presque!

 

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Wonderboy cannois des 90’s, Zhang Yimou s’est fait d’abord remarqué par la critique mondiale grâce à des classiques, comme Le Sorgho Rouge, Epouses et Concubines ou encore Qiu Ju, une femme chinoise, avant de se faire connaître du grand public international avec des succès avec des Tigres et Dragons-like, comme Hero ou encore Le Secret des poignards volants. Après deux drames historiques, The Flowers of War feat. Cricri Bale et Coming Home pour lequel il retrouve l’actrice fétiche de ses débuts, Gong Li, le réalisateur chinois revient avec un blockbuster médiéval fantastic avec Matt Damon dans le rôle principal, mercenaire devant défendre la Grande Muraille contre des créatures fantastiques façon The Mist. On cherche encore l’intérêt, si ce n’est mercantile, d’avoir fait appel à l’acteur.. Après Dragon Blade qui regroupait Jackie Chan, John Cusack, Adrien Brody et Lorie (!), on reste dubitatif sur cette mode du crossover, censée exporter le cinéma chinois à travers le monde. Triste nouvelle étape de la mondialisation, surtout si la qualité ne suit pas derrière. La Grande Muraille nous contredira peut-être (ou pas)…

 

 

Dans La Mécanique de l’ombre, François Cluzet se voit proposer un job par un Denis Polydalès tout en barbe mi-hipster mi- Crusoe, qui consiste à retranscrire sur une machine à écrire des écoutes téléphoniques, ambiance matos de la Stasie tout droit sorti de La Vie des autres. Mais très vite, d’autres mecs se mettent à le suivre, à le menacer, à lui demander des infos sur lesquelles Polydalès n’a pas pris le temps de le rencarder (trop occupé à avoir l’air mystérieux avec sa barbe).  Du suspens, des travelling chiadés de tunnels et des plongées panoptiques, François Cluzet qui court, tous les ingrédients du thriller à la française ont l’air réuni dans ce premier long métrage signé Thomas Kruithof. Si vous êtes amateur du genre (ou fan de François Cluzet).

 

 

Le retour de Sean Penn à Cannes cette année s’est moins bien passé que ce qu’il avait dû espérer. Arrivé tel un conquérant avec dans ses valises son dernier bébé en tant que réalisateur, The Last Face, romcom humanitaire sous fond de guerre libérienne, avec comme porte-bonheur un duo d’acteurs à récompenses, Javier et Charlize. Des ONG, du white savior et des images de sauvageries horribles qu’on nous raconte sur l’Afrique depuis 40 ans, Sean semble être tombé dans peu ou prou tous les pièges inhérents à ce genre de scenario #àlakon. Du coup, ça n’a pas loupé, huées et shitstorm sur twitter après la présentation à la presse à Cannes et le prix du pire film du festival. Mais si on se laisse aller au cynisme deux secondes, c’est quand même très dans l’air du temps – black faces, white-washing et white saviors, tout ça, tout ça. Les bonnes intentions, Sean…

 

 

A l’inverse, Birth of a Nation a été encensé par la critique, et ce, dès janvier 2016 où il était déjà favori pour les Oscars 2017 (!), avant d’être rattrapé par de sombres affaires qui ont entaché la réputation du réalisateur Nate Parker, notamment suite à un article de Variety relatant sa participation avec son co-scenariste Jean Celestin au viol collectif d’une étudiante inconsciente, pour lequel il avait été acquitté en 2001 (car il avait prouvé un rapport antérieur la veille avec la victime.. bienvenue dans la rape culture..) et le suicide de cette dernière en 2012. Résultat des appels aux boycotts successifs, notamment des afrofems, le film a du se contenter d’une sortie réduite et donc d’un petit score au box office. Pourtant, cette réponse au film éponyme de Griffith sur la naissance du KKK paraissait être le candidat idéal pour une récolte de statuettes à la 12 years a slave

 

 

Pas une semaine ciné des plus convaincantes – un peu la déprime même… Heureusement, au rayon DVD, y’a The Strangers qui sort, l’occasion de découvrir ou de revoir une des pépites sud-coréennes de 2016.

 

 

 

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.