Critique: Rogue One

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Rogue One: A Star Wars Story

de Gareth Edwards

avec Felicity Jones, Forest Whitetaker, Mads Mikkelsen, Diego Luna, Donnie Yen, Ben Mendelsohn, Alan Tudyk

Etats-Unis – 2016 – 2h15

Rating: ★★★★★

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Le projet des 7 mercenaires version Star Wars autrefois envisagé par Zack Snyder s’est finalement transformé en Rogue One, sous la houlette de Gareth Edwards. Le réalisateur du formidable Monsters s’étant un peu foiré avec Godzilla (pas pour tout le monde, ndlr), on était impatient de voir si son premier film n’était qu’un coup d’éclat unique. On a bien fait d’attendre.

 

Dans « A New Hope », l’encart au début du film nous apprend que les rebelles de l’alliance ont volés les plans d’une arme de destruction massive appelée Deathstar. Et Rogue tient en fait sur ces deux lignes, l’idée de ce spin-off étant de nous raconter qui et comment quelqu’un s’est emparé des plans qui permettront de détruire l’étoile noire de l’empire. Opportuniste vous me direz-vous, de baser un film de 2h15 sur un élément anodin qui jusque là n’avait pas besoin d’être raconté.

Sauf que Disney a très vite compris que sa franchise avait besoin de réalisateurs impliqués, et possédant une vision toute personnelle de l’univers Star Wars. Et si J.J Abrams récite bien ses classiques (Mieux même, mais sans génie), Edwards à une idée bien particulière de la guerre entre l’Empire et l’Alliance.
Le sujet apparaît d’ailleurs comme parfait pour lui après vision, puisque la thématique de la guerre est déjà au coeur de Monsters et Godzilla. Le réalisateur prend de nouveau le parti de faire un film à échelle humaine, en mettant en scène les victimes du conflit, simples bidasses ou peuplade opprimée qui n’a rien demandé à personne mais se prend des bombes sur la tronche.
Exit le manichéisme typique de Star Wars opposant les méchants de l’Empire aux gentils rebelles, les dirigeants de l’Alliance étant probablement les pires dans cette histoires, lâches et n’hésitant pas à confier les basses besognes aux troufions sous leur commandement. Jyn, l’héroïne du film, n’est d’ailleurs sortie de son camp de travail que pour servir et pas par bonté d’âme. On notera également un parallèle assez couillu avec une bande d’extrémistes faisant plus ou moins partis de l’alliance, ces derniers étant situés dans la ville de jedha (Jeddah, une ville importante d’Arabie Saoudite pour les pèlerins se rendant à la Mecque, victime d’un attentat cette année) et étant clairement assimilés à des talibans. Et quand l’Alliance se sert de cette poche de résistance, l’Empire lui vole ses cristaux pour alimenter son Etoile de la Mort..

 

En fait, dès sa très belle introduction les intentions de Edwards sont limpides: Rogue One ne sera pas vraiment un film Star Wars, et la Force, noyau de tout l’univers, n’est tout au plus ici qu’une croyance religieuse que l’Empire tente d’étouffer. C’est d’ailleurs quand le film tente de justifier son appartenance à la franchise qu’il se foire le plus, entre un robot rigolo qui désamorce systématiquement toute tension dramatique et le visage en CGI du regretté Peter Cushing, hideux. Probablement le prix à payer du réalisateur, même si Disney a eu l’air relativement souple sur tout le reste.

Et si les événements faisant le pont entre la fin du film et le début de l’épisode 4 sont balancés en 30 secondes (encore une fois, Gareth Edwards semble n’en avoir rien à secouer), cela met une fois de plus en avant le cœur du film. Ceux qui ont sacrifiés leur vies pour une cause, les inconnus dont on évoque jamais le nom après voir gagner la guerre.

Nul doute que Jyn Erso et consort laisseront une marque durable chaque fois qu’on regardera un Star Wars, les héros des deux trilogies semblant désormais bien fades.

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About Evilhost

Venu du futur pour empêcher Argento de devenir aussi mauvais qu’Uwe Boll, j’ai malheureusement échoué dans ma mission. Ainsi donc, je suis bloqué dans cette réalité alternative ou Spielberg est considéré comme un génie, condamné par les dieux du bis à mater en boucle et pour l’éternité la filmo de Jean Luc Godard.