Critique: K-Shop [PIFFF 2016]

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K-Shop

De Dan Pringle

Avec Ziad Abaza, Scot (avec un « t ») Williams, Nayef Rached, Reece Noi.

Angleterre – 2016 – 1h56

Rating: ★★☆☆☆

Alors qu’il est en train de finir sa thèse en sociologie, Salah doit retourner auprès de son père malade pour l’aider dans son affaire : un restaurant kebab en plein cœur d’un quartier fêtard. Forcément, ils doivent faire face à une population de rosbifs bien imbibés et lors d’une altercation, le père fait une chute fatale. L’univers de Salah s’effondre et le jeune homme tombe dans une spirale de violence, de meurtres sanglants et… de préparations de broches à kebab !

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Présenté au PIFFF le même jour que Grave avec lequel il partage le statut de premier film et le sujet de la bidoche  (comme quoi le vendredi, c’est pas que poisson !), K-Shop n’est malheureusement pas aussi réussi. Aussi gras qu’un complet mayo, ce pitch avait pourtant de quoi donner l’eau à la bouche. Ainsi, les premières minutes semblaient nous promettre un bon délire, sorte de cocktail entre Piranha 3D et Spring Breaker à la sauce vigilante british. Mais voilà, Dan Pringle a les yeux plus gros que le ventre et, n’arrivant à choisir entre les genres, sépare son film en trois parties distinctes (présentées par un abusif découpage en 12 chapitres) pour des changements d’intrigues pas très bien maîtrisés.

K-Shop, après un générique nous montrant donc l’état de dépravation avancée de nos braves sacs à vin anglais, débute comme un film social assez basique mais plutôt bien ficelé. Cette présentation naturaliste a de quoi surprendre après l’intro rock’n’roll mais pourquoi pas, c’est toujours plaisant de voir des personnages traités avec rigueur. On peut alors se demander si cette transformation de Salah en psycho-killer des grecs frites n’est pas un peu abrupte, le film virant d’un coup au slasher salade, tomate, oignon. Troisième partie, notre tueur-cuistot veut se ranger des kebabs et, avant de décrocher, décide de s’attaquer à de plus gros poissons, élargissant sa quête de justice au-delà des murs de son arrière cuisine. On a clairement l’impression d’avoir à faire à trois films différents et pas toujours bien assortis. Le fait que son héros, interprété avec la même incohérence par un Ziad Abaza malgré tout très investi, passe de l’humble étudiant au tueur taré pour finir en vigilante rédempteur confère au film une dimension idéologique très (trop ?) ambigüe. Alors qu’il aurait pu opter pour une vision plus punk et rigolarde, avec laquelle il lui arrive malgré tout de flirter, Pringle se perd un peu dans un premier degré pesant qui ne rend pas forcément service à la clarté de son propos.

 

 

Moralisateur ? Peut-être. Trop ambitieux ? Sûrement. Maladroit ? Très certainement. Reste la volonté plus que louable d’aborder des sujets sociaux tels que l’intégration, le racisme et l’idéocratie largement répandue par des médias poubelles. A noter aussi une mise en scène assez efficace ainsi qu’une poignée de séquences gores du plus bel effet. On peut d’ores et déjà attendre un second film de Dan Pingle pour tenter d’y voir plus clair dans son jeu.

 

 

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C’est un endroit extraordinaire dont le nom s’affiche fièrement à front de colline (le « O » est à Alice Cooper et le « Y » à Hugh Hefner !) : cité des anges où tout le monde a un sexe, Mecque où les juifs sont bienvenus, usine à rêve désormais spécialisée dans le recyclage … Les étoiles tapissent ses trottoirs à défaut de pouvoir percer les nuages de pollution. Sous son soleil paradisiaque, la neige y tombe pourtant toute l’année, importée directement de Colombie. Là-bas, les nourrissons tètent du lait au silicone et les mexicains rêvent d’avoir des guatémaltèques pour récurer leurs toilettes. Ce pays sera ici représenté par un émissaire qui n’y a jamais foutu un pied et qui signe « Clém’ » à la pointe du stylet de sa palette graphique.