Critique: I am not a Serial Killer [PIFFF 2016]

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I am not a Serial Killer

 

De Billy O’Brien

Avec Max Records, Christopher Lloyd, Laura Fraser

Etats-Unis  – 2016 – 1h44

Rating: ★★★☆☆

 

Un jeune lycéen, répondant au doux nom prédestiné de John Wayne Cleaver, est obsédé par la mort. Il faut dire aussi qu’il travaille aux pompes funèbres aux côtés de sa mère. Néanmoins, son attrait morbide est tel qu’il se demande s’il n’est pas un serial killer, ce que son psy même ne semble pas réfuter. Aussi, lorsqu’un tueur en série sévit dans sa petite bourgade du Midwest, l’ado se lance dans une enquête qui le met vite sur la piste d’un de ses voisins, Crowley, un petit vieux en apparence très sympathique.

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A la lecture de ce pitch, difficile de ne pas penser à la série Dexter et plus particulièrement à la quatrième saison et son «trinity killer». Mais Miami laisse ici place à un Minnesota enneigé, rendu célèbre par le Fargo des frères Coen, et son héros, certes borderline et un brin asocial, n’a pas besoin de voix off pour nous apparaître plus humain que ce cher Dexter. Billy O’Brien se sert de la fascination qu’exercent les serial killers pour façonner son personnage un peu paumé, tiraillé par des pulsions pas forcément très raccords avec celles généralement vécues à cet âge. Néanmoins, ses doutes quant à son éventuelle monstruosité renvoient à une préoccupation adolescente plus commune, à savoir le rapport à la normalité. Tueur psychopathe ou simple lycéen en crise ? Nul doute que l’investigation dans laquelle se lance John Wayne (legacy ?) lui permettra de trouver des réponses à ses propres tourments.

Dans le rôle de cet enquêteur apprenti et ambigu, on retrouve Max Records, le fameux Max du Max et les Maximonstres de Spike Jonze, qui vient ici nous confirmer tout le bien qu’on pouvait penser de lui. Face à lui, le légendaire Christopher Lloyd rompt avec son emploi de mentor allumé (quoique…) et ses rapports avec le jeune homme seront moins cordiaux qu’à l’accoutumée, tournant même à l’affrontement. En effet, ce personnage de Crowley, à priori au dessus de tout soupçon, semble bien dissimuler de sombres secrets. Serait-ce possible que ce vieil homme amoureux de sa femme soit le monstre qui assassine et prélève les organes de ses victimes ?  Je me garderai évidemment de vous révéler le pot aux roses mais I am not a Serial Killer ne manque pas de surprendre (en soit, dire d’un film qu’il est surprenant ne nique pas déjà un peu la surprise ?! Désolé…). Finalement, on était peut-être assez loin de Dexter…

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Dix ans après Isolation, Billy O’Brien signe donc avec I am not a Serial Killer un thriller intrigant qui ne sacrifie pas tout à son twist déconcertant. Il retrouve Robbie Ryen (chef op’ de Ken Loach  notamment sur Moi, Daniel Blake) dont le travail renforce l’ambiance poisseuse par un 16mm granuleux qui, sans être passéiste, confère plutôt au film une forme d’intemporalité. I am not à Serial Killer est donc une bonne petite pelloche qui tente de répondre à une question chère aussi bien au cinéma de genre qu’aux Talking Heads : « Psycho Killer… Qu’est-ce que c’est ?!… »

 

 

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C’est un endroit extraordinaire dont le nom s’affiche fièrement à front de colline (le « O » est à Alice Cooper et le « Y » à Hugh Hefner !) : cité des anges où tout le monde a un sexe, Mecque où les juifs sont bienvenus, usine à rêve désormais spécialisée dans le recyclage … Les étoiles tapissent ses trottoirs à défaut de pouvoir percer les nuages de pollution. Sous son soleil paradisiaque, la neige y tombe pourtant toute l’année, importée directement de Colombie. Là-bas, les nourrissons tètent du lait au silicone et les mexicains rêvent d’avoir des guatémaltèques pour récurer leurs toilettes. Ce pays sera ici représenté par un émissaire qui n’y a jamais foutu un pied et qui signe « Clém’ » à la pointe du stylet de sa palette graphique.