Critique: 31 [PIFFF 2016]

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31

De Rob Zombie

Avec Sheri Moon Zombie, Meg Foster, Malcolm McDowell, Jeff Daniels Phillips, Lew Temple

États-Unis – 2016 – 1h40

Rating: ★★★☆☆

31-zombie

Le 31 octobre 1976, une troupe de forains se fait brutalement enlever. Retenus dans un bâtiment par d’étranges ravisseurs, Charly, Venus, Panda, Levon et Roscoe devront faire face et survivre durant quinze heures à toute une galerie de fous dégénérés n’ayant qu’un seul but : massacrer les otages.

En mai 2014, Rob Zombie annonce via son site officiel la mise en chantier de son prochain film sobrement nommé 31. Tout en dévoilant une étrange affiche présentant une tête de clown, le réalisateur précise que le métrage sera son œuvre la plus violente et brutale. Autant vous dire chers lecteurs et lectrices que, chez Celluloïdz, cette annonce nous a fait baver durant des jours, des semaines, des mois… des années. L’attente a été grande, énorme, disproportionnée, tout comme l’est la déception face au produit final, malheureusement. Déception, certes, mais pas totale, le terme de frustration collant plus à ce que l’on éprouve face au dernier film de notre faux white trash préféré, Rob Zombie.

Cette frustration est justifiée. Parce que, disons le d’emblée, 31 est un retour en arrière dans la carrière cinématographique de Rob Zombie. Le film n’est tout simplement pas abouti. Que ce soit dans son script ou dans sa forme, le dernier film de Rob Zombie est tout simplement bâclé. On pourra toujours essayer de trouver des raisons à cela, comme son maigre budget (un peu plus d’un million de dollars selon les estimations) ou son temps de tournage très court. Mais n’oublions pas que le réalisateur avait tourné The Devil’s Reject en trois semaines ou encore qu’il devait se débrouiller avec le même budget pour The Lords of Salem. La frustration vient aussi du fait que le film regorge d’idées sympathiques et de plans magnifiques. La photo est jolie et la galerie de méchant absolument sublime. Doom Head fait partie des meilleurs bad guy que le réalisateur ait créés. La version redneck d’Harley Quinn ou encore le nain nazi mériteraient des spin-off à eux tout seuls. Le gros point noir du film vient de son script et de son manque cruel d’idée. Aucune variété dans les situations n’est proposée, on se contente de voir un défilé de freaks se battre au corps à corps. Aucune traque, aucune montée de tension et, d’un point de vu formel, aucune gestion de l’espace (ce qui est un sacré handicap dans un huis-clos !). Pour la première fois dans la filmographie de Rob Zombie, ce dernier utilise une shaky cam et un montage trop cut pour cacher la misère lors de certains combats. Le pire côtoie le meilleur et quelques jolis inserts, quelques beaux mouvements de caméra s’insèrent parfois dans de la bouillie filmique.

Malgré tout ça, 31 dégage un certain charme. Le charme d’un film imparfait et brouillon, mais qu’on remate avec plaisir une fois la déception digérée. Une œuvre oubliable et dont le seul intérêt réside dans son univers chaotique. Absolument tous les personnages sont de vraies raclures, que ce soit les gentils comme les méchants. Le film est vulgaire, bourrin, violent et ne conforte pas le spectateur dans son fauteuil douillé. Ça ne vise aucun public et ça n’a clairement pas été fabriqué pour plaire à tout le monde. Les héros n’ont aucun trauma, n’évoluent pas et n’ont pas de démon intérieur à combattre ou d’épreuve symbolique à passer. Pour le coup, 31 est un vrai film grindhouse fauché et bricolé. Ça aurait pu être un très bon premier film, raison pour laquelle on est en droit de se demander pourquoi Rob Zombie s’est fourvoyé dans un projet aussi vain.

Cher Rob Zombie, vu que tu ne fais qu’un film tous les 4 ans, s’il te plaît, ne perds plus ton temps pour ce genre de connerie ! Merci.

 

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