Un film en un son: Watchmen

 
 
 

Alors que Besson nous balance la bande-annonce de son prochain film avec Because des Beatles en musique, que celle de Logan, elle, nous envoie Hurt de Johnny Cash dans la gueule, il est légitime de se demander à quel point une bonne musique peut influer sur l’intérêt envers quelque chose qui sans elle aurait l’air soit à chier, soit juste banale (parce que je pense que c’est ce que seront ces deux films, dans l’ordre où je les ai mentionné).

Puisque Leonard Cohen est mort durant la nuit du 7 au 8 Novembre (mort annoncée le 10), je vais m’attarder sur l’utilisation d’une de ses chansons dans un film, et ce que celle ci apporte à l’oeuvre.

Plein de gens ont vu Watchmen. Parmi ceux là, certains ont aimé, certains ont eu un sentiment de rejet. Mais le truc qui fédère les deux camps plus ou moins, c’est la scène de cul entre Nite Owl et Silk Specter. En effet, à bord d’Archie, le véhicule volant de Nite Owl nommé d’après le hibou de Merlin l’Enchanteur, les deux héros viennent de dépoussiérer leur costumes, sauver des gens, et vont enfin consommer la relation charnelle désirée par Dan Dreiberg (Nite Owl) depuis qu’ils se connaissent.

Cette scène a lieu sur fond d’Hallelujah de Leonard Cohen.

 


 

Pour beaucoup, la chanson enfonce le clou d’un cercueil de médiocrité, mais pour moi, elle fonctionne parfaitement dans le propos véhiculé ici.

En effet, en une scène, le film en dit bien plus que tous les films Marvel réunis.

Pourquoi? Tout simplement parce que c’est une histoire d’impuissance perdue et de puissance retrouvée. C’est celle de Dan Dreiberg qui amoureux de Silk Spectre depuis des années a du garder son amour pour lui, c’est l’histoire de ce même Dan qui a du ranger son costume de super-héros durant des années, et qui après avoir hébergé Laurie (Silk Spectre) quelques temps et avoir plusieurs fois essayé de faire l’amour n’y est pas arrivé. Et c’est le moment où Dan retrouve ENFIN cette envie de vivre, de baiser, le moment où il retrouve enfin sa passion. Laurie aussi, puisqu’elle avait vécue une relation monotone avec le type le plus puissant et le moins passionné du monde juste avant.

Et le voilà le fond; pas étonnant, me direz vous, venant de la meilleure BD de super-héros de l’univers, pas étonnant, venant d’Alan Moore, qui inspire ici le film. Dire en une scène que le masque n’est pas celui qu’on porte, mais subit. Que dans le cas de ces héros, le masque les libère.

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Ce qui est plus étonnant, c’est que Snyder, malgré la vulgarité de sa réalisation, malgré son mauvais goût, réussit le temps d’une scène à sortir des sentiers battus et créer quelque chose grâce à la musique de Cohen qui sous ses relents de Gospel 80’s devient une ode à l’amour et à l’érection, une ode à la passion.

Oui, l’humour peut paraître kitsch, oui, la scène peut paraître kitsch, oui, le montage est zarbi, mais sur moi ça fonctionne du tonnerre, tout simplement parce que c’est le moment où le film devient fragile, humain, léger, maladroit.

Et c’est une des raisons (avec son générique), pour lesquelles je ne regretterai jamais que ce film existe. Evidemment que ce n’est pas aussi bien que la BD, évidemment que le film est largement perfectible, mais c’est des petits trucs comme ça qui au final me le rendent sympa.

 
 

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About Skreemer

Comme le dirait son bon pote Brassens, « Autrefois, quand j’etais marmot, J’avais la phobie des gros mots, Et si je pensais «merde» tout bas, je ne le disais pas… Mais Aujourd’hui que mon gagne-pain c’est de parler comme un turlupin, Je ne pense plus «merde» pardi ! mais je le dis. » En plus de tout ça, Skreemer a un goût certain pour la bagarre verbale avec les cons, les livres, les films et les bandes dessinées. Ses biscuits préférés sont les Hello Kitty à la fraise et il a toujours du Coca-Light et des clopes chez lui au cas où une demoiselle passerait. Par contre, il fait de longues phrases sans fin, avec plein de virgules dedans et n’aime pas les tomates. De plus, il est petit en taille et compense en utilisant du verlan.