Critique: Dernières nouvelles du cosmos

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Dernières nouvelles du cosmos

De Julie Bertuccelli

Avec Hélène ‘Babouillec’ Nicolas et Véronique Truffert

France – 2015 – 1h24

Rating: ★★★★☆

c2

Hélène a presque 30 ans, mais elle en paraît 10 de moins. Elle a l’air un peu malhabile, gauche et parle très très peu mais rit beaucoup. En fait, Hélène est autiste et vit avec sa maman. mais Hélène est aussi Babouillec Sans Parole, un alter ego poétesse…

Ce qui suit va être à la fois une critique et une description d’expérience. Il y aura deux guides, Hélène qui est le sujet et le centre d’attention et Véronique sa maman. Dans ce documentaire traitant du corps et du mouvement, on comprend, quoiqu’intrigué du début jusqu’à la fin, qu’une autiste parlant à peine, a appris à lire sans jamais lire, à appris à écrire sans jamais avoir tenu un stylo (manque de dextérité de ses doigts). Alors, sa maman, après 6 ans de labeur, a trouvé le ludisme idéal, un jeu d’alphabet en papier, une boîte magique. Cela met en avant le fait primordiale de manipuler des lettres. Les lettres sont parfois placé à l’envers, ou ne sont pas alignés mais tout le monde comprend ce qu’elle veut dire et d’ailleurs, si on devine son mot avant avant qu’elle ait fini de l’écrire elle passe à un autre mot en cognant délicatement sur la table. Peut-être qu’un jour Hélène se mettra au clavier. Toujours plus intriguant, ce sont les textes qu’elle construit avec un vocabulaire énormément dense (elle préfère la formule de jargon universel), ce qui rend ses écrits, elle a cinq oeuvres à son actif, d’une complexité profonde et désarmante. La preuve en est qu’un dramaturge a mis en scène une partie de ses textes et qu’un mathématicien lui déclare son admiration. Et avant tout cela, elle peignait.

Mais de toute cette confusion qui se bouscule dans ma tête, elle s’apaise qu’au moment où je rencontre Babouillec Sans Parole. Oui j’ai assisté à une avant-première et elle était présente, nous avons donc pu voir que ceci n’était pas du flan, c’était même trop réel. Des références? Elle écrit Bertrand Cantat (un poète maudit selon elle) et Mozart (elle écrit qu’Amadeus est son pote) et aime Alain Bashung. Quant à sa mère, elle n’a jamais perdu espoir, ancienne cavalière, elle a d’abord utilisé le rapport aux animaux et les sorties à la plage. Elle ne s’est jamais senti épuisée et éprouvée « je croyais être face à un mur, mais depuis 10 ans, je suis face à une écrivaine ». Malheureusement cette démarche n’a pas eu pignon sur rue et n’est pas soutenue par un organisme.

Peut-être que Babouillec Sans Parole sait quelque chose que nous ne savons pas, peut-être qu’elle parlera un jour. En tout cas elle est particulière, plutôt que différente et anormale, comparable au titre du livre de Pascal Jacob,père d’un enfant autiste, Il n’y a pas de citoyen inutile. Il s’est crée un excellent rapport avec la réalisatrice, car en choisissant la bonne distance pour un espace commun, les gens se rencontrent, vraiment. La caméra (décrite par Babouillec Sans Parole comme un oeil goguenard) est à la fois pudique et impudique, intrusive et complice, illumine Babouillec Sans Parole même l’unique fois où elle se met en colère (suite à la lecture d’un article sur elle dans Libération). Son dernier mot pour les spectateurs ayant assisté à l’avant-première: good luck à vos amnésies mentales.

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…