Critique: The Darkness [Etrange Festival 2016]

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Rating: 4.3/5 (3 votes cast)

 

Las Tinieblas

De Daniel Castro Zimbròn

Avec Brontis Jodorowsky, Aliocha Sotnikoff, Camila Robertson Glennie

Mexique, France – 2016 – 1h31

Rating: ★★★☆☆

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Un homme et ses trois enfants vivent cloîtrés dans une cabane isolée au sein d’une forêt brumeuse et inhospitalière. Autour d’eux, une menace invisible rôde et, lorsqu’ils peuvent s’aventurer à l’extérieur, ils se voient contraints de porter un masque à gaz. Lorsque le fils ainé disparaît, son petit frère Argel fait tout pour le retrouver, se confrontant alors aux secrets de la forêt, mais aussi à ceux de la cabane.

Film d’ouverture de cette 22ème édition de l’Etrange Festival, The Darkness se présente d’abord comme un survival forestier taiseux qui suscite le mystère dès ses premières images. Tourné en lumières naturelles, sa très belle photographie fait écho à celle de The Witch, partageant les mêmes emprunts aux grands maîtres du clair-obscur que sont Rembrandt, George de La Tour et Le Caravage. Mais alors que le film de Robert Eggers confronte le réalisme historique au folklore sur la sorcellerie, The Darkness préfère explorer la thématique du conte. Daniel Castro  Zimbròn fait de multiples références aux archétypes du genre : la forêt lugubre, les enfants perdus, le grand méchant loup. Brontis Jodorowsky, tantôt Barbe Bleue, tantôt Gepetto, incarne le père à l’autoritarisme borderline, au cœur des mystères qui entourent les lieux.

Si The Darkness, parfois un peu long et répétitif, apparaît souvent aussi opaque que le brouillard qui enveloppe sa lugubre mais fascinante forêt, la relation entre ce père prêt à tout et ses enfants apeurés semble s’imposer comme la clef de l’intrigue. Le réalisateur interroge alors le rôle des contes et leur utilité sociale, poussée ici à son paroxysme. Néanmoins, tel un Village où Shyamalan aurait gardé pour lui son twist final, le film nous laisse sans certitude, s’ouvrant ainsi très certainement à bien d’autres interprétations.

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