Critique: Région Sauvage – La regìon salvaje [Etrange Festival 2016]

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La regìon salvaje

D’Amat Escalante

Avec Ruth Ramos, Simone Bucio, Jesùs Meza, Edén Villavicencio.

Mexique  – 2016 – 1h40

Rating: ★★★★☆

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Angel, sous ses allures de macho, trompe sa femme Alejandra avec son beau-frère Fabian. Infirmier, ce dernier fait la rencontre d’une mystérieuse patiente, Veronica, apparemment mordue par un chien. Ils commencent à se fréquenter, ce qui ne manque pas d’impacter le couple d’Alejandra et Angel. C’est alors que Fabian est retrouvé dans un champ entre la vie et la mort.

Prix de la mise en scène à la Mostra de Venise, Région sauvage s’impose dès son ouverture comme un film de monstre, nous montrant un orgasme de Veronica apparemment prodigué par une sorte tentacule visqueuse. Alors que ses premières images nous renvoient directement au cinéma du genre, on peut notamment penser à Cronenberg (Frissons…), à Barker ou encore à quelques obscures et perverses productions nippones, le film reprend vite un ton beaucoup plus terre à terre. Cette histoire de quatuor amoureux, brillamment interprétée, nous est racontée avec réalisme malgré la présence énigmatique de Veronica et d’une chose invisible qui semble peupler les bois. Sans vouloir en révéler davantage, non pas que le film contienne de gros twists mais il mérite d’être découvert sans trop en savoir, l’arrivée de la jeune fille révèle les frustrations et les fantasmes des personnages, ce qui n’est pas sans rappeler le Théorème de Pasolini. Fabian et Alejandra entrevoient en Veronica un moyen de se trouver et de vivre pleinement leurs sexualités. De son côté, Angel est incapable d’assumer son homosexualité et doit faire face à une hypocrisie qui s’étend à son entourage. Amat Escalante dénonce alors une société mexicaine violemment homophobe et son machisme qui va jusqu’à nier l’orgasme féminin. Quant à la créature ? J’éviterais là encore de trop en dire mais ses apparitions sont aussi furtives que fascinantes.

 

 

 

Si le genre a bien souvent servi à évoquer la sexualité, Région Sauvage s’inscrit, aux côtés de It Follows ou encore Under The Skin, dans cette vague de films qui développent des approches singulières, favorisant le mystère à la provocation (même si le film d’Amat Escalante est loin d’être sage) et stimulant ainsi une zone des plus érogènes : le cerveau. Après, que Région Sauvage vous excite, rien n’est moins sûr (et j’ai envie de dire que ça ne regarde que vous !), mais il ne manquera certainement pas de vous interroger…

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C’est un endroit extraordinaire dont le nom s’affiche fièrement à front de colline (le « O » est à Alice Cooper et le « Y » à Hugh Hefner !) : cité des anges où tout le monde a un sexe, Mecque où les juifs sont bienvenus, usine à rêve désormais spécialisée dans le recyclage … Les étoiles tapissent ses trottoirs à défaut de pouvoir percer les nuages de pollution. Sous son soleil paradisiaque, la neige y tombe pourtant toute l’année, importée directement de Colombie. Là-bas, les nourrissons tètent du lait au silicone et les mexicains rêvent d’avoir des guatémaltèques pour récurer leurs toilettes. Ce pays sera ici représenté par un émissaire qui n’y a jamais foutu un pied et qui signe « Clém’ » à la pointe du stylet de sa palette graphique.