Critique: Psycho Raman [Etrange Festival 2016]

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Raman Raghav 2.0

D’Anurag Kashyap

Avec Nawazuddin Siddiqui, Vicky Kaushal, Sobhita Dhulipala, Anuschka Sawhney, Mukesh Chhabra, Amruta Subhash, Vipin Sharma, Ashok Lokhande, Harssh A. Singh

Inde – 2016 – 2h07

Rating: ★★★☆☆

psycho-raman

 

Raghavan, flic nerveux sous coke en permanence, traque un tueur en série copiant la méthode du tristement célèbre Raman Raghav, serial killer qui sévissait dans les années 60, bien décidé de jouer au chat et à la souris avec lui.

Devenu chouchou des festivals depuis quelques années depuis la révélation Gangs of Wasseypur, Anurag Kashyap, dont le Ugly avait été présenté à l’Etrange Festival en 2013, continue son introspection dans les bas fonds de Bombay, incroyable terreau pour son cinéma violent et fataliste. A contre courant de la production bollywoodienne, il aime filmer la nuit et les ténèbres, la saleté et la misère, fort d’un réalisme sans concession, dépeignant la misère sociale des classes les plus pauvres.

A travers les yeux fous de son tueur en série sans abri, Kashyap nous entraîne dans la crasse et la galère de ceux qui n’ont rien. A travers les yeux cokés de son flic, il nous fait découvrir le poids des traditions et les conséquences qui en incombent – être la honte de sa famille, vivre une relation hors mariage en secret, préférer l’avortement à la capote…

Autant dire que niveau antihéros, Kashyap a le don pour savoir esquisser un gros connard. Contrairement à I Saw The Devil avec qui il partage certaines similarités, Psycho Raman ne joue à aucun moment la carte du manichéisme, présentant Raghavan dès l’intro comme pourri qu’il est, englué dans son addiction généré par un boulot dont il ne parvient pas à assumer la violence. C’est cette noirceur et ce fatalisme qui font l’essence même du cinéma de Kashyap, dépeignant des personnages à la dérive, pris au piège par leur condition sociale et condamné à devoir y croupir dans l’indifférence générale. Un portrait de la société indienne à mi chemin entre les clichés bollywoodiens et l’image d’Épinal que l’on peut se faire de l’Inde « des castes ».

Même s’il souffre de problèmes de rythmes, Psycho Raman prouve une nouvelle fois que l’attention portée à Anurag Kashyap n’est pas volée. Brutal, sans concession et d’une noirceur à concurrencer ses concurrents coréens.

 

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.