Critique: Mapplethorpe Look At The Pictures [Etrange Festival 2016]

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Mapplethorpe: look at the pictures

De Randy Barbato et Fenton Bailey

Avec Debbie Harry, Fran Lebowitz, Robert Mapplethorpe, Paul Martineau, Brooke Shields

Etats-Unis – 2016 – 1h48

Rating: ★★★★☆

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Robert Mapplethorpe est un photographe de la fin du vingtième siècle, né en 1946 il décède du SIDA en 1989, après avoir oeuvré pendant près de vingt ans dans la transgression des images d’un certain milieu gay…

Personnellement, j’ai découvert Robert Mapplethorpe via Patti Smith. En effet, en lisant Just Kids j’ai découvert le partenaire et meilleur ami de la « marraine du punk ». Mais je n’avais pas creusé, voilà alors chose faite avec l’Etrange Festival. Dans un documentaire très académique – intervention de la famille, des amants, des condisciples, des mécènes et d’autres artistes, entrecoupés d’images d’archive – on suit la voix off du photographe, ainsi que celle de son père étrangement, évoquant les différentes périodes de sa vie. Il en ressort un rouage de récit que je signifierais rise & fall. Dans tout biopic américain, on essaie de noter « l’éveil » de l’héros, son apprentissage possible ou pas, la trace d’un mentor, des adjuvants qui se composent et des opposants qui contestent jusqu’à la victoire ou la mort du héros. Le documentaire est construit de cette manière, alors est-ce si original? Oui car le sujet est fort. Car parler de Mapplethorpe c’est parler d’une époque, d’un style et d’une figure de l’underground new-yorkais qui est devenu une figure majeure artistique.

Une des forces d’un artiste est d’être en actualité, en accord avec son temps, Mapplethorpe l’illustre parfaitement. Ayant senti le développement de la communauté gay, avec notamment le BDSM (ensemble de pratiques sexuelles faisant intervenir le bondage, les punitions, le sadisme et le masochisme, ou encore la domination et la soumission), le documentaire souligne comment il a capté ce phénomène, s’incluant dedans (gigolo ou un autoportrait avec un fouet dans l’anus…) et les différentes étapes par lesquels il est passé: ses port-folios X (à la limite du porno gay), Y (consacré aux femmes et aux fleurs) et Z (consacrés aux hommes noirs, une de ses dernières lubies car il trouvait leur corps semblable à des statues de bronze). Mais c’est aussi évoquer le systèmes artistique à l’ancienne, trouver une personne pour nous financer (mécène) pouvant devenir notre partenaire sexuelle ou notre relation officielle, être convié à des grands dîners et galas, puis préparer des expositions ou performances pour gagner de l’argent. Par contre la question de l’inspiration et de l’influence est très vite traité malgré sa certaine originalité. Car Mapplethorpe, au-delà de la prise de drogues, se réfère beaucoup à l’imagerie catholique notamment dans le domaine de la martyrologie. La plasticité du corps est au coeur de l’oeuvre de Mapplethorpe tout comme la provocation. Et ajoutons qu’il était un beau gosse, qui attirait le regard sur lui, mais aussi un manipulateur et un égocentrique qui pensait devenir riche car il était talentueux. De là, les passages face caméra de son petit frère aussi photographe, Edward Mapplethorpe, sont une véritable mine d’or ou un ancien amant devenant photographe voire les relations qu’il avait avec les médias…

Pour finir, le documentaire s’interroge sur la problématique de l’artiste qui doit vivre comme son art ou pas afin d’être honnête et profond au possible, en contradiction avec mon autre projection de l’Etrange Festival 2016, Eat that question – Frank Zappa in his own words. C’est pourtant ce qu’a fait Robert Mapplethorpe, il en est mort mais a assuré sa postérité et toute une filiation actuelle, tel le Piss Christ d’Andres Serrano.

Hamburger Pimp

 

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…