Critique: Jeeg Robot [Etrange Festival 2016]

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Lo chiamavano Jeeg Robot

 

de  Gabriele Mainetti

avec Claudio Santamaria, Luca Marinelli, Ilenia Pastorelli, Antonia Truppo, Maurizio Tesei, Salvatore Esposito, Stefano Ambrogi, Gianluca Di Gennaro, Francesco Formichetti, Daniele Trombetti

Italie – 2015 – 1h58

Rating: ★★★★☆

jeeg-robot

Enzo,  voyou à la petite semaine, découvre qu’il est doté d’une force surhumaine le rendant invincible après avoir manqué de se noyer dans des produits toxiques en voulant échapper à la police. Suite à un coup qui tourne mal, il se retrouve à devoir veiller sur Alessia, jeune femme perturbée qui voit en lui l’incarnation de Jeeg Robot, héros de son dessin animé japonais préféré.

A l’ère de la guéguerre DC/ Marvel sur grand écran, le film de super héros a envahi les cinémas comme les zombies l’ont fait il y a 10 ans. Mais en dehors des grosses franchises de comics US, il est assez rare de voir l’exercice exécuté par quelqu’un d’autre, encore moins lorsque ce dernier est européen.

Prenant ses libertés avec les codes de l’habituel vigilante à la Batman, le parti pris de Gabriele Mainetti nous paraît forcément rafraîchissant, rappelant au passage l’excellent Super de James Gunn, de par la banalité déconcertante de son personnage. Vivant seul et sans ami, Enzo accumule les soirées en solitaire devant un dvd porno, il n’a aucun désir de justice, aucun sens moral. Avoir des super-pouvoirs n’est pas toujours accompagné d’un sens du devoir et d’altruisme et l’héroïsme n’est pas forcément inné. Telle une conscience à la Jiminy Cricket, l’enfantine Alessia devient tour à tour side-kick et princesse en danger dans ce parcours initiatique qui poussera Enzo à embrasser ou pas sa destinée de héros.

Tout bon film de super-héros suppose un bon vilain et de ce côté là, Jeeg Robot s’avère fort bien pourvu, en la personne du Gitan, meilleur Joker que Jared Leto, psycho à paillettes ultra violent en passe de devenir leader de son gang. Brillamment incarné par Luca Marinelli, il est flamboyant de méchancetés et de rage due à un manque de reconnaissance déconcertant pour une ex-star de télé-réalité, le rendant aussi risible que flippant. Ajoutez à cela les mecs de la Camorra et leurs méthodes craspec et Rome prend vite des allures de Gotham City… 

Sans avoir à répondre au cahier des charges ultra millimétré d’une franchise à plusieurs millions de dollars, Mainetti peut aisément livrer ce que Warner peine à produire: un film de super-héros pour adulte, avec une vraie violence graphique, Jeeg Robot ne lésinant pas sur les effusions de sang avec des scènes comico-gores dignes de l’apogée du Splat Pack, et pouvant aborder des thèmes difficiles comme la pédophilie ou le viol conjugal, sans pour autant sortir de son cadre de film de super-héros.
Drôle sans être loufoque, dramatique sans être larmoyant, Jeeg Robot tape juste, parvenant à lier un univers fantastique habituellement traité de manière enfantine avec une approche plus pessimiste du mythe du super vigilante. Un vrai film de super-héros mature, pour adulte qui change des popcorneries auxquels on a habitué les geeks.

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.