Critique: Fantastic Birthday [Etrange Festival 2016]

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Girl asleep

De Rosemary Myers

Avec Bethany Whitmore, Harrison Feldman, Matthew Whittet, Amber McMahon, Eamon Farren, Tilda Cobham-Hervey, Imogen Archer, Maiah Stewardson

Australie – 2016 – 1h17

Rating: ★★★★☆

Sortie cinéma le 22 mars

 

girl-asleep

Greta, jeune fille de presque 15 ans, se voit imposer par sa mère une fête d’anniversaire, bien qu’elle vienne d’emménager et d’arriver au lycée où elle ne connaît personne. Alors que la soirée bat son plein, elle suit une créature étrange qui l’entraîne dans un monde fantastique, situé dans le bois derrière sa maison.

 

Adapté d’une pièce montée par la réalisatrice Rosemary Myers avec sa troupe, et tourné en un mois et quelques jours, Fantastic Birthday (Girl Asleep en V.O) nous entraîne dans des 70s colorées qui ne sont pas sans rappeler l’univers pop de Wes Anderson, tout en épousant les codes du teen movie, avec implacable hiérarchie du lycée, maquillage outrancier, quête de popularité et clopes fumées dans les toilettes du lycée. Fort d’un casting fabuleux porté par la jeune Bethany Whitmore, mais avec les prestations remarquables d’Harrison Feldman en copain geek très conciliant, ou encore Matthew Whittet et Amber McMahon en parents loufoques, le film suit le point de vue de l’adolescente à l’aube de ses 15 ans, premier tournant menant vers la fin de l’adolescence, premier pas vers l’âge adulte, encore plongée dans ses rêveries enfantines, ses jeux et hobbies de gamine, bien loin des considérations adolescentes de l’attraction du sexe opposé et du culte de l’apparence.

 

 

Utilisant beaucoup les plans fixes, Myers théâtralise certaines de ses scènes, tout en offrant des plans séquences créant du mouvement dans un montage très découpé. Grâce à des décors fabuleusement réalistes et des costumes graphiquement forts, ainsi qu’à des scènes dansées savamment mises en scène, la réalisatrice dépeint une galerie de personnages littéralement hauts en couleur, loufoques et exagérés, renforçant le décalage et donnant au film des allures insolites. On bascule ainsi dans une version d’Alice au pays des merveilles qui croiserait le monde de Max et les Maximonstres, le monde fantastique apparaissant comme une échappée au passage forcé à l’âge adulte, ce moment où l’enfant en nous devient autre. Filant ainsi cette belle métaphore sur la seconde partie du film, la réalisatrice nous offre une virée dans un monde aussi enfantin que terrifiant, à l’image des cauchemars que l’on faisait gamin, illustrant le conflit que constitue le refus de grandir de Greta et l’obligation de l’accepter.

 

Bien qu’il ait quelques maladresses, souvent inhérentes aux premiers films, Fantastic Birthday est une des belles trouvailles de cette édition de l’Etrange Festival. Drôle et sensible, le film parvient à imager le passage difficile de l’adolescence, où l’on se doit d’entrer dans l’âge adulte, où l’on doit dire au revoir à tout ce qui constituait notre enfance, nos jeux stupides, la déco de notre chambre d’enfant, notre capacité à imaginer et à croire en ce que notre imagination créée. Simple, beau et efficace.

 

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.