Critique: Frankenhooker

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Frankenhooker

 

de Frank Henenlotter

avec Patty Mullen, James Lorinz, Charlotte Kemp, Heather Hunter, Louise Lasser, Shirley Stoler, C.K. Steefel, Lia Chang, John Zacherle, Helmar Augustus Cooper, Judy Grafe, Shirl Bernheim

Etats-Unis – 1990 – 1h25

Rating: ★★★★☆

 

frankenhooker

Jeffrey Franken, étudiant en médecine, décide de mettre en pratique ses connaissances du corps humain pour réanimer sa défunte fiancée, massacrée suite à un accident de tondeuse. Il se met alors en quête de prostituées pour assembler son macabre puzzle.

 

Quelque part entre Troma et l’écurie Gordon/Yuzna, Frank Henenlotter a tracé son bout de chemin, livrant un cinéma fait de bric et de broc à l’instar des premiers, mais avec toujours un soucis de mise en scène et d’écriture qui le place dans la même catégorie que les seconds. Presque huit ans après son premier essai, Basket Case, devenu culte des vidéoclubs, il n’a alors livré qu’une seule bobine, l’autre cultissime Elmer le Remue-méninge, lorsqu’il met en chantier sa parodie de Frankenstein, Frankenhooker, qu’il enchaînera d’ailleurs avec le tournage de Basket Case 2.

 

Rien que le titre laisse entrevoir l’approche potache qu’il a choisi de prendre pour adapter le mythe créé par Mary Shelley, version femme.  Multipliant gags gores et grotesque, dignes d’un spectacle de grand guignol et boobies en gros plan, Frankenhooker sonne résolument 80’s et s’inscrit ainsi dans la lignée de comédie noire à belles naïades (l’actrice Patty Mullen qui joue le rôle éponyme a été deux fois playmate du mois chez Penthouse), où tout est prétexte pour dévoiler un téton. Alignant blagues gores sur blagues gores, le film fourmille de références avouées et d’idées vraiment drôles (la drogue qui fait exploser les gens, les multiples personnalités de la hooker), rendues possibles grâce à des effets spéciaux plutôt ambitieux. Henenlotter aime le bis et sait s’inscrire dans la longue tradition des faiseurs de spectacles gores initiée par Herschell Gordon Lewis. Suivant le précepte du maître qui prônait une scène comico-trash toutes les 5 minutes pour maintenir l’intérêt du spectateur, Frankenhooker enchaîne gags crades sur crades, rendant toute violence graphique potache. Du grand-guignol joyeusement bis et résolument 80’s.

 

 

Mais la vraie et solide force de Frankenhooker, ce qui le démarque notablement des autres productions, c’est cette critique de l’objectivisation de la femme qui apparaît en filigrane de son adaptation. Franken cherche à retrouver physiquement sa fiancée, n’ayant conservé d’elle que les mains, pieds et tête. Pour le reste, il choisit de faire un casting de ‘mannequins corps” avec les prostituées ( dans l’idée qu’elles, sous femmes, peuvent être assassinées sans soucis..) et l’accident explosif qui leur arrive lui permet alors de choisir à loisir chaque morceaux manquants de sa fiancée, pour constituer son idéal féminin physique. Mais lorsqu’il s’avère qu’elle possède les multiples personnalités des femmes qui la compose, le “héros” (que le film présente comme un mad scientist défoncé) peste et cherche à réparer l’erreur pour retrouver l’esprit de sa parfaite fiancée. Si c’est pas une belle métaphore de l’objectivisation! Du coup, on a beau avoir du boob à revendre, une fois n’est pas coutume, c’est par le biais d’un regard ironique.

 

Entre le surjeux des acteurs et les scènes gore ponctuées d’explosions et autres rafistolages de cadavres, Frankenhooker s’inscrit dans cette lignée de bis grand guignol qui sévissait dans les années 80, comme les précédents films d’Henenlotter, les Troma ou Street Trash, mais avec cet humour propre à son auteur, aimant les personnages goofy et les freaks, avec la générosité et le sens du osef que se partagent les grands noms du bis.

 

A noter que Frankenhooker est sorti ce mois-ci en DVD et BR dans la Midnight Collection de Carlotta

 

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.