Critique: Dernier train pour Busan

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Busanhaeng

De Sang-Ho Yeon

Avec Gong Yoo, Kim Soo-Ahn, Yu-mi Jeong, Dong-seok Ma, Choi Woo-Shik, Ahn So-hee, Eui-Sung Kim

Corée du Sud – 2016 – 1h58

Rating: ★★★★★

dernier-train

Seok-woo est cadre supérieur de Seoul très occupé, chargé des sales besognes pour sa société, notamment concernant les actions en bourse. Mais cela l’éloigne de sa fille, qui le supplie de l’emmener à Busan chez sa mère, l’ex-femme de Seok-woo. Ce dernier, après avoir été maladroit lors de l’anniversaire de sa fille, accepte à contre-cœur de l’accompagner en train. Mais de graves émeutes violentes dégénérèrent dans la capitale coréenne, au point qu’une fille bizarre, semblant sortir de ce bordel urbain, resquille pour entrer dans le train à destination de Busan…

Tout comme World War Z, ce n’est pas un film de zombies mais un film de survie (celui critiqué ici est bien mieux), car le genre zombie a été avalé par la télévision, comptant pas moins de trois franchises télévisuelles actuellement. Tout comme Transperceneige, c’est un film qui traite de la condition humaine face à la survie de soi et des siens dans un train. Une petite communauté d’ailleurs se forme autour de Seok-woo qui essaie de lutter contre des zombies, vifs et translucides voire contorsionnistes. À nouveau, on ressent le ludisme et le fun de voyager dans un train, wagon par wagon, une dimension jeu vidéo dans la seconde partie du film. En effet les zombies, très sensibles au son, sont calmes dans l’obscurité ou si on nous obstrue leur vue, il y a souvent des tunnels dans les voyages en train…. Enfin à nouveau on ressent la tension de l’impossibilité de s’échapper d’un endroit clos en mouvement. De là le décor urbain, des grandes gares que l’on voit les deux tiers du film, est magnifiquement utilisé pour les scènes de fuite et de lutte (hall, quai, escalator).

Tout comme The Strangers, voire The Revenant, il est question de figure paternelle et de sa bienveillance. Mais dans le cas du film critiqué ici, c’est tout un cheminement, un apprentissage, une initiation. Car à côté du cadre supérieur réapprenant à être père, il y en a un qui va le devenir, et il se montre bien plus prêt que Seok-woo (mise à part le choix du prénom). Et prenons aussi en compte le jeune lycéen amoureux, par conséquent c’est un trio d’hommes qui permet de réfléchir sur la bravoure et le courage qui font qu’un homme est un homme, non la virilité (elle est d’ailleurs tourné en dérision le temps d’un passage de cachette dans les toilettes…). Il y a aussi une sorte de vagabond… Et pour les personnages féminins, elles ne sont pas en reste (la femme enceinte, la lycéenne amoureuse ou Su-an la fille de Seok-woo), elles nous font réfléchir sur l’humanisme et l’altruisme à prendre conscience dans des situations désastreuses, entre accepter son sort ou punir les mauvais (les deux sœurs âgées…). Car la volonté de survie peut aussi montrer le pire des gens.

Avec une fin similaire au chef d’œuvre de Bong Joon-ho, Sang-Ho Yeon ajoute une pointe d’ironie parlant du monde actuel, sur le cinéma international et la mondialisation. D’ailleurs une partie du discours est assez acide pendant le film, via le téléphone portable… Une chanson pourra toujours nous sauver…

Ps : la suite avec le prequel en animé Seoul Station du même réalisateur…

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…