Critique: Baby Cart 2 : L’enfant massacre

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Kozure Ôkami: Sanzu no kawa no ubaguruma

De Kenji Misumi.

Avec Tomisaburo Wakayama, Akihiro Tomikawa, Kayo Matsuo, Akiji Kobayashi.

Japon – 1972 – 1h18

Rating: ★★★★★

Baby cart 2 hollyshit

Deuxième volet de la cultissime série des Baby Cart de Kenji Misumi, L’enfant massacre est certainement son épisode le plus populaire (pour la diffusion américaine, il fût remonté avec le premier film pour sortir sous le titre Shogun Assassin). Arpentant les routes du Japon médiéval, accompagné de son jeune fils Daigoro et de son landau truffé d’armes tranchantes, Ogami Itto est ici confronté à deux menaces. D’un côté, le clan Yagyu, qui a juré sa mort, engage un groupe de femmes ninjas dirigé par Sakaya et de l’autre, l’objectif de son nouveau contrat de Ronin le pousse à affronter les redoutables frères Hidari. Ces derniers, arborant d’immenses chapeaux de pailles (le vocabulaire nippon me manque…), serviront de modèles pour Carpenter et ses trois tempêtes dans Jack Burton dans les griffes du Mandarin.

Un programme très chargé donc pour Ogami Itto, toujours incarné par le stoïque mais impressionnant Tomisaburo Wakayama (dont le physique de bonze a pu choquer certains fans du manga original), et son fils Daigoro, toujours aussi mignon. La scène d’intro, aussi sanglante qu’expéditive, impose le rythme survolté propre à la saga. En décomposant plans après plans les multiples actions de joutes pourtant succinctes, Kenji Misumi dilate le temps (voire même l’espace) pour mettre en valeur la stratégie à l’œuvre dans des affrontements toujours variés, explorant les différentes techniques et armes du Chanbara. Le cinéaste convoque ici toute l’inventivité de sa mise en scène afin de caractériser au mieux ses différents combats comme, par exemple, l’emploi de surimpressions de plans pour représenter les déplacements des femmes ninjas. Le tout se termine bien évidemment toujours dans un généreux bain de sang qui trouvera ici son apothéose avec la passe de sabre qui fait chanter le coup de son adversaire, où quand un geyser d’hémoglobine devient un véritable geste artistique, conceptuel, radicale et poétique. Au milieu de ce ballet de violence, la relation père/fils est à nouveau au centre de l’intrigue, notamment cette séquence où le petit Daigoro veille sur son père blessé. Un autre passage emblématique de la saga voit l’enfant se faire kidnapper et suspendre au dessus d’un puits. Et encore, je ne parlerai pas de l’incendie d’un navire, d’un « ménage » à trois de survie, d’un affrontement final au milieu du désert ou d’une romance esquissée mais impossible.

Bref, vous l’avez compris, Baby Cart 2 : L’Enfant massacre est, en parfait représentant de la saga, un film incroyablement généreux. Cousin nippon de James Bond, pour le fun de ses aventures et les gadgets dissimulés dans sa poussette, Ogami Itto se montre autrement plus taiseux et violent. On pense alors aussi aux westerns spaghettis avec lesquels les films de Misumi partagent la même créativité débridée et le même attrait pour les duels à mort. Il serait donc dommage de passer devant ce bijou culte, ce gros morceau de culture pop joussif.

Et ça tombe bien, le film est dispo jusqu’au 15 septembre (2016) sur le site d’Arte !  http://cinema.arte.tv/fr/article/baby-cart-2-lenfant-massacre-de-kenji-misumi

 

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