Critique: Warcraft – Le Commencement

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Rating: 3.8/5 (5 votes cast)

Warcraft: The Beginning

 

De Duncan Jones

Avec Travis Fimmel, Ben Foster, Toby Kebbell, Ben Foster

Etats-Unis – 2016 – 2h03

Rating: ★★★★☆

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Tout d’abord, je tiens à préciser que je ne suis pas un gros gamer. Aussi, s’il m’arrive de faire quelques gros titres à l’occasion, je n’ai jamais joué ni au Warcraft originel ni au célébrissime WOW (World of Warcraft).  Ce dernier me laisse néanmoins le souvenir de quelques soirées enfumées à lire des BD en buvant des bières pendant qu’à côté, mes potes menaient leurs instances, me bombardant d’un vocabulaire nouveau composé notamment d’anglicismes et autres étranges abréviations. J’ai pu depuis poursuivre mon initiation au monde d’Azeroth en me mettant à Hearthstone (jeu de cartes tiré de l’univers de Warcraft). En parallèle, cela faisait malgré tout quelques années que le projet de film (assurément moins chronophage !) attirait mon attention. Passé un temps sous le giron de Sam Raimi, l’adaptation de la saga vidéo ludique s’est retrouvée entre les mains de Duncan Jones, fils de David Bowie mais surtout réalisateur du génial Moon et du sympathique mais bordélique Source Code. Alors que Warcraft devait logiquement s’imposer comme le fer de lance de la nouvelle génération d‘adaptations de jeux vidéo (avec Assassin Creed qui débarque en fin d’année), le film est classé comme « projet à risque » par la Fox, bénéficie d’une promo chaotique et sort donc en ce moment sur nos écrans dans une relative indifférence. Je décide malgré tout, en cet après midi orageux, de me rendre à l’UGC voisin afin de voir de quel bois est fait ce Warcraft : le commencement. Et grand bien m’en a pris…

Passons sur ces considérations autobiographiques pour saluer la réussite de Duncan Jones qui, malgré la lourdeur d’un tel projet, parvient à livrer un film fun et décomplexé. Au-delà des multiples références (aussi bien visuelles que sonores), il rend justice à l’univers bigarré de Blizzard en s’éloignant du réalisme du Seigneur des Anneaux ou de Game of Thrones pour favoriser des éléments magiques et un rendu autrement plus coloré. Si le film n’échappe pas toujours au kitsch (mention spéciale pour le plastron en plastoc de Garona !), Duncan Jones croit dur comme fer en son matériau et ne cède pas au cynisme propre à de nombreux blockbusters actuels. Warcraft, comme son titre l’indique, parle donc de guerre mais, là encore, se démarque du tout venant hollywoodien en présentant ses combats avec une certaine brutalité et, surtout, en n’hésitant pas à sacrifier des personnages.

 

A l’instar de l’œuvre originale où le joueur peut choisir son camp, Warcraft, s’il présente quand même un terrible méchant en la personne de Gul’dan, fait montre d’un réel souci d’impartialité entre la Horde et l’Alliance. On suivra ainsi à la fois les aventures du guerrier humain Lothar et de l’orc Durotan avec la même empathie. Si les deux personnages se rapprochent bien à un moment du film, Duncan Jones nous épargne néanmoins une énième bromance contrenature. Au détour de deux scènes, Duncan Jones se permets également un jeu sur les langues que n’aurait pas renié le John McTiernan de La poursuite d’Octobre rouge. Si le film tente donc le plus souvent de faire fi de tout manichéisme, j’avoue n’avoir par contre pas trop saisi les motivations du personnage pourtant central de Medivh. Là encore, mon point de vue de néophyte m’empêche sûrement de saisir des subtilités de l’intrigue mais cela témoigne malgré tout du caractère parfois bordélique du scénario.

S’il est loin d’être exempt de tout défaut, Warcraft reste un divertissement plus qu’honnête, se hissant sans problème parmi les meilleurs blockbusters actuels tout en lançant une nouvelle saga. S’il faut d’ailleurs parler en termes de franchise, licence, tout ça, tout ça… On peut saluer le fait que Duncan Jones et Blizzard (même si leur nouveau studio dédié au cinéma ne prend en compte qu’une petite partie de la production de ce premier film), ne se contentant pas de poser des bases, nous aient raconté une histoire bouclée qui ne se limite pas au premier épisode d’une nouvelle série télé au cinéma. Bon, perso, ça m’a quand même donné envie de voir la suite…

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About HollyShit

C’est un endroit extraordinaire dont le nom s’affiche fièrement à front de colline (le « O » est à Alice Cooper et le « Y » à Hugh Hefner !) : cité des anges où tout le monde a un sexe, Mecque où les juifs sont bienvenus, usine à rêve désormais spécialisée dans le recyclage … Les étoiles tapissent ses trottoirs à défaut de pouvoir percer les nuages de pollution. Sous son soleil paradisiaque, la neige y tombe pourtant toute l’année, importée directement de Colombie. Là-bas, les nourrissons tètent du lait au silicone et les mexicains rêvent d’avoir des guatémaltèques pour récurer leurs toilettes. Ce pays sera ici représenté par un émissaire qui n’y a jamais foutu un pied et qui signe « Clém’ » à la pointe du stylet de sa palette graphique.