Critique: The Witch

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The Witch: : A New-England Folktale 

de Robert Eggers

avec Anya Raylor-Joy, Harvey Scrimshaw, Ralph Ineson, Kate Dickie, Bathsheba Garnett, Wahab Chaudhry, Madlen Sopadzhiyan, Julian Richings

Etats-Unis / Grande-Bretagne / Canada / Brésil –  2015 – 1h32

Rating: ★★★★★

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Dans les années 1630, après avoir été banni de leur communauté, un homme et sa famille s’installent à l’orée d’un bois, isolés de tous. Mais ils n’en sont pas pour autant seuls..

Entre The Witch et It Follows, on peut dire que le ciné d’horreur indé nord-américain est plutôt on fire ces dernières années, prouvant que le genre n’est pas encore tout à fait dominé par les productions de l’Oncle Blumie et ce, avec un petit budget d’un million de dollars à peine.

Egalement à l’écriture, le réalisateur, Robert Eggers, livre un métrage atypique, sorte de Shining au temps des pêlerins, où une épaisse forêt flippante vient remplacer l’iconique labyrinthe. En se basant sur des récits et mythes folkloriques, mais aussi sur des articles et comptes rendus de procès d’époque, Eggers parvient à reconstituer l’ambiance paranoïaque dans lequel vivaient les premiers colons, poussés à bout par une bigoterie superstitieuse alimentée par la peur de l’Inconnu qu’était cette terre promise, la terreur des Indiens et la solitude.

Pourtant dès le départ, le doute sur l’existence de forces surnaturelles dans la forêt est levé et c’est à peu près tout le folkore de la sorcellerie qui est passé au crible, rappelant au passage que les rites et superstitions se sont construits en réaction au protestantisme austère et au climat ambiant propice à la psychose.
 


 

Rares sont d’ailleurs les films à traiter du sujet en profondeur, en dehors d’une adaptation de la pièce d’Arthur Miller et du Lords of Salem de Rob Zombie, peu de métrages s’intéressent à la génèse de ces croyances pourtant fondamentales de la civilisation américaine. Ici, l’hystérie collective du Salem de The Crucible d’Arthur Miller se contient au sein d’une seule et même famille.

Ce sujet bien particulier permet à Eggers de s’approprier des codes de genres que l’on a peu l’habitude de trouver dans ce contexte historique, à l’image de cette scène de quasi-exorcisme fort impressionnante et ne nécessitant pas d’autres effets spéciaux que la force du jeu de ses acteurs. Et par moment, le film porte des éléments narratifs qui ne sont pas sans rappeler le conte, voire la comptine pour effrayer les enfants désobéissants. Drame historico-horrifique ou film d’horreur atypique, The Witch fait partie de ces bobines osant emprunter, dépasser les codes de différents genres pour au final livrer un film singulier, formellement superbe et sur un sujet peu traité au cinéma.

Parvenant parfaitement à créer une ambiance anxiogène avec une tension ne pouvant aller que crescendo, The Witch est l’exemple parfait de la bonne santé du ciné d’horreur indé actuel. Comme ces prédécesseurs, à l’image d’ It Follows l’an passé, le film ne laisse jamais transpiré son aspect low-budget, faisant de ses contraintes des atouts, notamment grâce au sens subtil de la mise en scène de son réalisateur, à la force de jeu de ses acteurs et à la beauté sauvage de ses décors naturels. Encore un nouveau nom à suivre dans le genre, Robert Eggers. La liste s’allonge d’années en années et ça, ça fait bien plaisir!

 

 

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.