Game of Thrones saison 6, le récap’: Episode 9 – Battle of the bastards [SPOILERS]

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En six années, les spectateurs les plus assidus auront bien compris que l’avant dernier épisode de Game of Thrones est souvent celui du choc. Dès la première saison, il voit mourir le héros Ned Stark tandis que l’année suivante, c’est le siège de King’s Landing qui nous y est conté. Enfin, le neuvième volet de la troisième saison repousse encore un des crans les limites de l’insoutenable lors du traumatisant Red Wedding. Si les deux dernières années, la série avait adopté un rythme différent en répartissant les enjeux sur les quatre derniers épisodes, ceBattle of the bastards semble renouer avec la tradition. Il s’impose ainsi comme l’un des épisodes les plus attendus de la série (donc de l’Histoire de la télévision), nous promettant un affrontement des plus intenses. L’apocalypse a-t-elle eu lieu ? Verdict…

 

Via une scène détaillant la préparation d’un boulet enflammé qui se retrouve catapulté dans les murs d’une cité,Battle of the Bastards impose le ton guerrier et ne le quittera plus. Tandis que le duel entre les deux Snow fait l’objet de toutes les attentes, c’est par le siège de Mereen que commencent les hostilités. Daenerys et Tyrion combinent leurs meilleurs atouts, alliant la force de frappe des dragons à  l’approche plus diplomatique de sa Main. Au détour de scènes très impressionnantes qui mettent plus que jamais à l’honneur nos cracheurs de feu ailés, l’affaire est donc vite pliée, permettant à l’occasion de récupérer quelques bateaux bienvenus. Cette flotte sera complétée par la suite tandis que Daenerys reçoit la visite d’Asha Greyjoy. Les deux femmes trouvent vite des points communs au cours d’un jeu de séduction qui aboutit à une nouvelle alliance. L’hiver sera féminin ou ne sera pas !

 

Jon Snow continue de préparer la bataille. Il prend conseils auprès de tous ses généraux, dont Sansa ne semble plus autant faire partie. Il consulte également la prêtresse rouge, plus confuse que jamais, dont les propos ne sont guères encourageants. Les troupes se rendent donc sur le champ d’une bataille loin d’être gagné. Comme Sansa le lui avait prédit, Ramsay le vicelard utilise la bravoure aveugle de Jon Snow pour l’attirer dans un piège. Le (gros) bâtard Bolton nous rejoue L’armée des ombres (le jeu sadique des nazis qui force Ventura à courir dans un couloir tandis qu’ils lui tirent dessus) avec le pauvre Rickon. Le petit Stark ayant opté pour courir en ligne droite, l’archer émérite n’a pas de mal à lui en coller une tandis que Jon Snow s’est déjà bien trop éloigné de ses troupes, forçant celles-ci à déclencher un assaut stratégiquement suicidaire.

 

Eclate alors une bataille qui fera date, conjuguant la brutalité de Braveheart (cf. le ralenti sur la chevauchée précédent l’impact) aux images shutterisées d’Il faut sauver le Soldat Ryan (cf. Jon Snow totalement dépassé au milieu du carnage). Si HBO a évidemment cassé sa tirelire pour nous donner à voir cette séquence épique, on ne peut que saluer la réalisation de Miguel Sapochnik qui tire le meilleur parti de son budget. Il convoque avec brio les codes des films précédemment cités ainsi que de l’inévitable Seigneur des Anneaux (on pense notamment à la bataille de la Porte noir) pour composer un tableau d’une noirceur rare. Cette Battle of the bastards nous montre la guerre dans toute sa violence, un acte barbare et sans gloire, aux antipodes des représentations aseptisées des blockbusters hollywoodiens actuels qui n’arrêtent pourtant pas de capitaliser sur le sujet. La sauvagerie est ici totale et le petit cœur pur et courageux de Jon Snow lui est aussi inutile qu’un trou du cul à cet endroit (je montre mon coude là !). La scène tombe vite dans un fatalisme qui n’est pas sans évoquer Toy Story 3 (la terrible scène de l’incinérateur…). Bien entendu, un cor salutaire se fait entendre et Sansa finit par débarquer, accompagnée de Lord Baelish et de sa cavalerie, tel Gandalf et Eomer au Gouffre de Helm. Si l’épisode s’avère finalement assez prévisible, la propension de Game of Thrones à zigouiller ses personnages nous aura malgré tout assuré un ascenseur émotionnel efficace. La bataille se termine donc, non sans une amertume palpable, tandis qu’on se demande encore pourquoi Ramsay a préféré décocher une flèche dans l’œil d’un géant mourant plutôt que dans la petite tête de son ennemi juré Jon Snow.

09 - You know nothing Jon Snow copie

Dans l’obscurité d’un cachot qu’il connaissait mieux de l’autre côté des barreaux, le bâtard de Bolton n’aura pas l’occasion de ruminer cette question bien longtemps puisqu’il reçoit vite la visite d’une Sansa triomphante. Si la scène m’a rappelé le Silence des Agneaux, je n’ai par contre pas souvenir d’une Clarice Starling livrant Hannibal Lecter en pâture aux cochons de Mason Verger !… C’est pourtant ce qui arrive à ce pauvre Ramsay qui finit dévoré par ses propres chiens mangeurs d’hommes, sous le regard satisfait de son épouse. Ce pan de l’intrigue, marqué par un viol qui a pu faire couler beaucoup d’encre, trouve ici une résolution qui verse dans le pur Rape and revenge. Etant donné l’incompréhension souvent suscitée par la série, il y a fort à parier qu’une bonne partie du public trouvera ici une justification, par l’exaltation morbide de la vengeance accomplie, à une scène d’agression sexuelle souvent jugée inutile et racoleuse. Cet acte vengeur n’a pourtant rien de salutaire et ne fait que conduire la plus pure des Stark sur les voies de la violence (aveugle ou non) qui régissent l’univers barbare de Game of Thrones. Alors qu’elle devrait logiquement prendre l’ascendant sur son frère qui n’aura que davantage prouvé son incompétence en tant que chef de guerre, la Dark Sansa qu’on nous avait promis au détour d’un plan à la fin de la saison 4 semble désormais pleinement s’affirmer. L’hiver sera féminin ou ne sera pas ! Mais qui a dit que c’était nécessairement une bonne chose ?…

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C’est un endroit extraordinaire dont le nom s’affiche fièrement à front de colline (le « O » est à Alice Cooper et le « Y » à Hugh Hefner !) : cité des anges où tout le monde a un sexe, Mecque où les juifs sont bienvenus, usine à rêve désormais spécialisée dans le recyclage … Les étoiles tapissent ses trottoirs à défaut de pouvoir percer les nuages de pollution. Sous son soleil paradisiaque, la neige y tombe pourtant toute l’année, importée directement de Colombie. Là-bas, les nourrissons tètent du lait au silicone et les mexicains rêvent d’avoir des guatémaltèques pour récurer leurs toilettes. Ce pays sera ici représenté par un émissaire qui n’y a jamais foutu un pied et qui signe « Clém’ » à la pointe du stylet de sa palette graphique.