Un film en un son: Marie-Antoinette

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Il y a dix ans jour pour jour sortait sur nos écrans le Marie Antoinette de Sofia Coppola. Si l’idée de raconter l’Histoire de France du point de vue d’une adolescente d’aujourd’hui avait pu diviser, force est de constater que la sélection musicale anachronique, entre Post Punk, New Wave et Electro, s’avère bien souvent pertinente. Aussi, cet article aurait pu porter sur le I want Candy des Bow Wow Wow ou encore le fabuleux Ceremony de New Order mais non, je vous parlerais ici de The Cure avec Plainsong.

Sorti en 1989 sur l’album Disintegration, dans lequel les Cure renouent avec la mélancolie et l’ambiance sombre des débuts, Plainsong vient dans Marie Antoinette accompagner le sacre de Louis XVI. Alors que les nouveaux monarques, entourés de leur cour, descendent main dans la main les escaliers de Versailles, les cloches entêtantes restituent pleinement l’aspect solennel de la cérémonie tandis que les lourdes percussions en soulignent le faste et l’opulence. La puissance de Plainsong vient aussi appuyer la fatalité de la scène, également présent par ce lent travelling avant vers le visage de l’héroïne. En effet, la noirceur de The Cure rappelle à la nouvelle reine Marie Antoinette que, passée l’ivresse du moment, elle sera plus que jamais prisonnière de sa condition.

marie-antoinette

Sofia Coppola, à travers le destin royal contrarié de cette pauvre petite fille riche, parle de ses propres tourments et utilise la bande son de son adolescence pour mieux nous les transmettre. La musique de The Cure, si elle illustre parfaitement cette scène, s’impose également comme un choix intime qui, à l’instar du reste de la BO (jusqu’à l’apparition du groupe Phoenix en orchestre de chambre), achève de faire de Marie Antoinette l’une des fresques historiques les plus personnelles jamais réalisées.

 

Je ne saurais que vous conseiller de vous reporter sur un bon audio afin de profiter au mieux du Plainsong de The Cure mais bon, la scène en question (dans une qualité très médiocre) :

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C’est un endroit extraordinaire dont le nom s’affiche fièrement à front de colline (le « O » est à Alice Cooper et le « Y » à Hugh Hefner !) : cité des anges où tout le monde a un sexe, Mecque où les juifs sont bienvenus, usine à rêve désormais spécialisée dans le recyclage … Les étoiles tapissent ses trottoirs à défaut de pouvoir percer les nuages de pollution. Sous son soleil paradisiaque, la neige y tombe pourtant toute l’année, importée directement de Colombie. Là-bas, les nourrissons tètent du lait au silicone et les mexicains rêvent d’avoir des guatémaltèques pour récurer leurs toilettes. Ce pays sera ici représenté par un émissaire qui n’y a jamais foutu un pied et qui signe « Clém’ » à la pointe du stylet de sa palette graphique.