Un film en un son – Le Dernier Pub avant la fin du monde

Un film en un son- So Young

Entre les Stone Roses, Soup Dragon, Blur ou encore Happy Mondays, la BO du Dernier Pub avant la fin du monde est le parfait best of de l’orée des 90’s chez les rosbifs, entre shoegaze et brit pop émergente. Alors oui, cet article aurait pu porter sur le Loaded de Primal Scream et son sample libertaire de Peter Fonda mais non, je parlerai ici de Suede et leur So Young savamment employé.

Dans les années 90, le mouvement Britpop est dominé par la rivalité très médiatisée entre Oasis et Blur mais compte aussi dans ses rangs Pulp ou Suede qui se veulent plus sombres et maniérés, lorgnant carrément vers le glam rock en ce qui concerne le groupe du mécheux androgyne Brett Anderson. On comprend alors pourquoi la musique de Suede est une madeleine de Proust pour notre Gary King tout de noir vêtu (et également porté sur The Sisters of mercy). Et cela se comprend encore mieux à l’écoute de So Young, hymne nostalgique sur une jeunesse révolue. On pourrait aussi penser que le « let’s chase the dragon » chanté par Anderson renvoie pour Gary King a une consommation de drogue qui s’étend au-delà du houblon…

Dernier pub en un son

So Young résonne dans le film tandis que Gary et ses mousquetaires retrouvent le bourg de leur enfance. Le trublion s’amuse à sonner à une porte pour partir en courant, blague éculée qui peut-être éventuellement être drôle à 10ans mais qui devient absolument pathétique à 40 ! Tandis que nos amis  d’enfance marchent dans les rues de Newton Heaven, ils croisent les regards flippant des habitants. L’étrangeté de cet échange est alors soulignée par l’irruption dans d’un son tout aussi bizarre. Alors qu’on pourrait croire à un sound design rajouté en post prod, il s’agit bel et bien d’un son déjà présent dans le mix original du morceau (à 37sec), une sorte de frottement sorti de nulle part et qui ne se répète, du moins de façon aussi distincte, qu’une seule fois dans le titre. Edgar Wright se sert ainsi du moindre détail sonore afin d’enrichir au maximum sa scène.

Que ce soit par la pertinence sémantique des paroles, le renvoie directe à l’époque chérie par son héros et l’énergie rock parfaitement à propos, on pourrait vraiment croire que So Young a été composé pour le film. Edgar Wright prouve une fois de plus que son utilisation de la musique va toujours au-delà de la simple illustration sonore.

Et puisque vous avez été sages, je vous laisse le lien vers le clip so 90’s de So Young :

 

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C’est un endroit extraordinaire dont le nom s’affiche fièrement à front de colline (le « O » est à Alice Cooper et le « Y » à Hugh Hefner !) : cité des anges où tout le monde a un sexe, Mecque où les juifs sont bienvenus, usine à rêve désormais spécialisée dans le recyclage … Les étoiles tapissent ses trottoirs à défaut de pouvoir percer les nuages de pollution. Sous son soleil paradisiaque, la neige y tombe pourtant toute l’année, importée directement de Colombie. Là-bas, les nourrissons tètent du lait au silicone et les mexicains rêvent d’avoir des guatémaltèques pour récurer leurs toilettes. Ce pays sera ici représenté par un émissaire qui n’y a jamais foutu un pied et qui signe « Clém’ » à la pointe du stylet de sa palette graphique.