Critique: Point Limite Zéro

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Vanishing Point

De Richard C. Sarafian

Avec Barry Newman, Cleavon Little, Dean Jagger, Victoria Medlin

Etats-Unis – 1971 – 1h38

Rating: ★★★★★

2016.04 - Easy Rider Vanishing Point copie

 

Dans une petite ville de Californie, les badauds regardent les forces de l’ordre poser des barrages sur la route tandis qu’une voiture blanche débarque à toute vitesse. Arrêt sur image. Retour deux jours plus tôt : Kowalski se lance le défi de convoyer une Dodge Challenger de Denver à San Francisco en 15 heures chrono. Chargé au speed, il part pied au plancher sur les routes poussiéreuses de l’ouest américain, bientôt pris en chasse par les autorités. Le sympathique chauffard pourra compter sur le soutien de Super Soul, un DJ noir et aveugle (mais pas joué par Morgan Freeman !), qui le guide dans son périple et contribue à le transformer en véritable icône de la contre culture.

Sorti au début des années 70, Point Limite Zéro est un peu une « suite » d’Easy Rider où la voiture se substituerait aux motos et le speed à la marijuana*. S’inscrivant dans le même mouvement contre culturel que le classique de Dennis Hooper, le road movie de Sarafian se veut autrement plus furieux (du moins en terme d’action). Tandis qu’on connait désormais le funeste sort de nos deux bickers hippies, Kowalski refuse d’être une victime de l’oppression (policière et sociale) et part dans une fuite en avant que nul autre que lui ne pourra arrêter. L’errance laisse place à une course effrénée, marquée par d’impressionnantes cascades qui n’ont rien perdu de leur superbe.

Incarné par Barry Newman (sorte de mélange entre Elliott Gould et Paul Michael Glaser), Kowalski, pur personnage-fonction issu du cinéma de genre américain (ici le film de poursuite), se mute peu à peu en figure post moderne (via notamment des flashbacks (dans un flashback !) levant à peine le voile sur le passé de notre héros) dont les motivations semblent aussi floues que son objectif aussi limpide que gratuit. C’est Super Soul qui achève de donner toute sa symbolique à la quête de Kowalski et qui, en propageant ses exploits sur les ondes, fait de lui un véritable héros libertaire. Directement issu de l’imaginaire américain, ce cowboy solitaire et peu loquace, ayant troqué le cheval pour une rutilante Dodge blanche, se démarque par la vitesse là où le reste du pays est montré dans tout son immobilisme. Alors que le western a depuis longtemps plié bagage, les idéaux des 60’s, eux prennent fin en même temps que la folle course de Kowalski.

Point Limite Zéro aura une influence durable sur le genre : le Boulevard de la Mort de Tarantino y fait de nombreuses références, notamment via la présence de la fameuse Dodge Challenger blanche, le K-Billy de Reservoir Dogs, tout comme la DJ de The Warriors, peut également être perçu comme un clin d’œil à Super Soul. Enfin le Mad Max originel, via la mise en scène de ses poursuites, le patronyme de son héros (Rockatansky/Kowalski) et son passif (ils sont tous deux d’anciens flics), porte le sceau du film de Sarafian. Si on ajoute La course à la mort de l’an 2000 ou encore la série K2000, difficile de ne pas voir en Kowalski le père spirituel de toute une génération de guerriers de la route.

 

*Toute ressemblance avec la page wikipedia du film n’est pas fortuite puisque j’ai simplement participé à l’écriture de l’article sur l’encyclopédie participative.

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