Critique: Alone (Don’t Grow Up)

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Don’t grow up

de Thierry Poiraud

avec  Fergus Riordan, McKell David, Darren Evans, Natifa Mai, Madeleine Kelly, Guacimara Correa, Daniela Jerez, Dominique Baute,  Kiara Aguilar

France / Espagne – 2015 – 1h21

Rating: ★★★★☆

Oeil d’or compétition longs métrages internationaux au PIFFF 2015. Sortie en e-cinéma le 1er avril et en DVD le 8 avril. 

Alone (don't grow up)

Six pensionnaires d’un foyer pour jeunes situé sur une île écossaise se retrouvent seuls pendant les vacances scolaires après que leur éducateur ait mystérieusement détalé dans la nuit. Mais au détour d’une promenade en ville, ils s’aperçoivent que quelque chose cloche chez les adultes…

Depuis la création du motif de zombie moderne par Romero dans La Nuit des Morts Vivants en 1968, et malgré un regain d’intérêt incomparable depuis quelques années dans la culture pop, les codes fondateurs du genre n’ont guère beaucoup évolué. Propagation de l’épidémie, suspicion de contagion parmi le groupe de survivants, le dilemme de devoir achever un proche, tous les ingrédients liés à l’Apocalypse Zombie se retrouvent de films en jeux vidéos, de BD en séries télé, etc. Il est donc assez rare qu’un film parvienne à tordre et à jouer de ces codes sans risquer de reproduire ce qu’un autre aura sûrement déjà fait.

Pourtant, à l’instar d’un Pontypool, le film de Thierry Poiraud ( à qui l’on doit entre autres le 2ème segment de Goal of The Dead, variation déjà originale sur le zombie) parvient, de par son concept, à transcender les règles classiques, les détournant, les réajustant, se les réappropriant. Ici, la contamination ne touche que les adultes, laissant ainsi les enfants à la merci de la cruauté et de la mort certaine qui les attends, victimes innocentes de la folie des adultes. Dans un tel contexte, il est donc très intelligent de placer ces protagonistes dans un environnement où les adultes n’ont pas forcément le dernier mot. L’exposition sous forme d’interview et l’intro dans les dortoirs quasiment vides nous font vite comprendre que ces jeunes sont livrés à eux même et qu’ils en ont l’habitude, la plupart d’entre eux étant orphelins ou presque. Ce sont des ados, encore un peu enfant mais plus pour longtemps, ce qui signifie que s’ils ne sont pas encore touchés par l’épidémie, ils le seront tôt ou tard et sans que cela ne soit prévisible car au final, on ne peut réellement savoir le moment exact où l’on devient adulte, particulièrement lorsque l’on a eu une enfance difficile et traversé des épreuves qui nous ont fait mûrir plus vite que nos camarades du même âge.

Le film joue également sur l’idée intéressante que ce virus au final pousse chaque parent ou presque à devenir un parent maltraitant et chaque enfant, une victime, qui à l’image de nos protagonistes devront grandir bien vite pour survivre, laissant ainsi la possibilité au virus de se propager… Les codes sont ainsi respectés sans pour autant être calqué sur le schema classique. De même, point besoin d’antropophagie quand la première victime que l’on voit à l’écran est un enfant. Là où chez Romero, le tabou transgressé est celui de l’enfant parenticide, Alone choisit de débuter sur celui d’un parent infanticide. Pas besoin de s’attarder sur un gore frontal quand on joue sur ce qui rebute bien plus le spectateur que la violence graphique, l’amoralité.

Production européenne aux faux airs de films indés à la Sundance à l’instar des films des frères Pastor (Infectés, Les Derniers Jours), Alone bénéficie d’une réalisation maîtrisée et soignée et d’un scénario simple mais efficace, reposant sur un concept intéressant dont il parvient à tirer tous les partis, dans un genre plus qu’éculé depuis plus de 10 ans. Rien que pour tout ça, il mérite d’être vu et (re) connu.

Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.