Critique: Triple 9

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Triple 9

De John Hillcoat

Avec Casey Affleck, Anthony Mackie, Chiwetel Ejiofor, Woody Harrelson et Kate Winslet.

Rating: ★★☆☆☆

2016.03 - Triple 9 ft Heat copie2

 

Après un premier coup réussi tant bien que mal, un gang de braqueurs, composé d’anciens marines et de flics ripoux, est contraint par leur commanditaire, l’épouse d’un mafieux juif incarcéré en Russie,  de remettre le couvert. Pour ce nouveau méfait encore plus risqué, les cambrioleurs décident de détourner l’attention des forces de l’ordre en commettant un triple 9, le meurtre d’un flic.

Quatre ans après Des hommes sans loi, Triple 9 marque le retour du cinéaste australien John Hillcoat (remarqué par le western The Proposition et son adaptation de La route). Il met cette fois en scène un polar sous tension, dans un Atlanta miné par la corruption, entre flics ripoux (Anthony Mackie et Clifton Collins Jr), gangster en quête de rédemption (Chiwetel Ejiofor), inspecteurs à chewing-gum (Casey Affleck et, forcément, Woody Harrelson), mafieuse russe (Kate Winslet à contre emploi), voyou junkie (Aaron Paul donc pas à contre emploi du tout !) et gangs sud américains. La mise en scène sèche et « réaliste » choisie par Hillcoat insuffle à Triple 9 une énergie certaine mais on peine à retrouver la mélancolie qui faisait le charme des précédent films du réalisateur (peut-être plus dû aux scripts de son comparse Nick Cave ou au livre culte de Cormack McCarthy). Aussi, le côté film choral fait que ses nombreux personnages, malgré le talent certain de ce casting 4 étoiles, ont bien du mal à s’extirper des stéréotypes du genre.

C’est bien là que le bas blesse : Triple 9, malgré son efficacité, n’échappe jamais à une impression de déjà-vu des plus tenaces. Le film est une sorte de Heat qui muterait peu à peu en The Departed (ou Infernal Affairs pour les puristes) en passant par la case Training Day mais qui ne parviendrait jamais à se hisser à la cheville de ses illustres prédécesseurs. Si Hillcoat mène mieux sa barque qu’un Scott Cooper sur son récent Strictly criminal, qui souffrait des mêmes écueils, on était en droit d’attendre mieux de la part du cinéaste. Même si Des hommes sans loi était également loin de briller par son originalité, il se démarquait par un humanisme qui fait défaut à ce nouveau film très balisé.

(La bande annonce est meilleure que le film !)

Si Triple 9 pèche par manque d’originalité, il reste malgré tout un polar d’assez bonne facture, comptant quelques moments de bravoure (le braquage d’intro, une intervention policière qui tourne vite à la guérilla urbaine…). Les fans du genre auraient donc tort de se priver tandis que les autres peuvent aisément faire l’impasse sur ce film qui, malgré ses gros moyens, a bien peu de chance de passer à la postérité.

HollyShit

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C’est un endroit extraordinaire dont le nom s’affiche fièrement à front de colline (le « O » est à Alice Cooper et le « Y » à Hugh Hefner !) : cité des anges où tout le monde a un sexe, Mecque où les juifs sont bienvenus, usine à rêve désormais spécialisée dans le recyclage … Les étoiles tapissent ses trottoirs à défaut de pouvoir percer les nuages de pollution. Sous son soleil paradisiaque, la neige y tombe pourtant toute l’année, importée directement de Colombie. Là-bas, les nourrissons tètent du lait au silicone et les mexicains rêvent d’avoir des guatémaltèques pour récurer leurs toilettes. Ce pays sera ici représenté par un émissaire qui n’y a jamais foutu un pied et qui signe « Clém’ » à la pointe du stylet de sa palette graphique.