Critique: Batman v Superman: L’Aube de la Justice

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Rating: 3.3/5 (6 votes cast)

Batman v Superman: Dawn of Justice

de Zack Snyder

avec Ben Affleck, Henri Cavill, Gal Gadot, Jesse Eisenberg, Amy Adams, Jason Momoa, Jeremy Irons, Holly Hunter, Laurence Fishburne, Scoot McNairy, Callan Mulvey

Etats-Unis – 2016 – 2h31

Rating: ★★★☆☆

BatmanvSuperman

Trois ans après l’inégal mais sympathique Man of Steel, le plan de Warner visant à concurrencer Disney Marvel et ses Avengers se met en place, toujours chapeauté par Zack Snyder. Et si le dernier Superman était davantage un film de Christopher Nolan que du réalisateur de Watchmen, rassurez-vous (ou craignez, c’est selon), ici c’est bien son œuvre. Jusqu’à un certain point.
Ne laissant planer aucun doute sur le véritable héro du film, l’introduction mettant en scène la mort des parents de Bruce Wayne puis leur enterrement impose immédiatement une aura fantastique et funèbre qui ne quittera presque jamais le film. S’ensuit le combat de Superman et du Général Zod intervenant à la fin de Man of Steel, mais cette fois ci à échelle humaine, à travers les yeux de Bruce Wayne. Une entrée en matière assez formidable, réponse aux critiques qui avaient jugé ce quart d’heure de destruction massive comme sans conséquences.
Wayne est ici un vieux briscard, fatigué par 20 ans à faire la justice dans une ville de Gotham toujours rongée par le crime. Son alter-égo est sans doute l’adaptation qui se rapproche le plus de la vision de son créateur Bob Kane, héritée de Dracula. Le vigilante y est imposant et terrifiant, plus mythologique que réel, comme en témoigne sa première apparition ou un flic essaye de l’abattre avant de dire à son collègue « qu’il l’a vu, il a vu le Batman ». Le levé de bouclier suite à l’annonce de Ben Affleck dans le rôle n’a d’ailleurs plus lieu d’être, puisque oui, l’acteur est absolument parfait en Bruce Wayne et en Batman. Poursuivant les thèmes de Man of Steel, Superman devient donc un Dieu aux yeux de certains et une menace planétaire pour d’autres, alors qu’il n’est qu’un jeune homme dévoué à la protection de sa mère Martha et de Loïs Lane, ce fermier du Kansas représentant le commun des mortels rêvant d’un sauveur.

Le « combat du siècle » se fait donc sous l’auspice de thèmes intimistes, comme c’est souvent le cas chez Snyder. Et ce n’est pas cette vision post-apocalyptique renversante qui nous fera penser le contraire, vu son élément déclencheur. Oui mais voilà, si le film est pendant un moment une claque magistrale, contrairement à Watchmen la Warner joue ici sa vie. Il est donc avant tout question de mettre en place les prémices de la Justice League tout en offrant un spectacle apte à contenter le jeune public. Le film nous balance donc des teasers des futurs personnages et cela en plein milieu du récit, sans se soucier d’être hors-sujet. Et que dire de la pauvre Gal Gadot, dont la Wonder Woman loin d’être ridicule (et dont le thème musical est surpuissant) n’est là que pour annoncer le prochain film qui lui sera dédié. Une introduction purement marketing et qui ne s’en cache même pas. Le spectateur sera achevé lorsqu’un gros monstre faisant office de boss final (Doomsday paraît-il, sûrement parce qu’il fait « Grrraaarg ») débarque et donne lieu à un fight en forme de grosse bouillie numérique. Heureusement, on nous signale plusieurs fois que le terrain n’abrite plus aucun civil, pas comme dans Man of Steel attention ! On oubliera également la prestation gênante de Jesse Eisenberg, qui cabotine grave en Lex Luthor, sans que l’on comprenne trop pourquoi (étonnant pour un acteur de cette trempe).
En fait, rarement ont aura vu un Blockbuster aussi hybride, à la fois le film d’un réalisateur mais aussi le film de producteurs dont découle des impératifs marketings devant assurer la pérennité de la franchise. Bardé de coupes (30 minutes tout de même, mais qui seront dans le director’s cut disponible en vidéo) et malgré ses 2h30, le métrage lâche en cours de route la plupart des thèmes qu’il a brillamment induit durant la première heure, en même temps qu’un ton relativement terre à terre et réaliste. En résulte une monstrueuse frustration, seulement tempérée par le fait que le spectacle reste bien plus intéressant que tous les Avengers et Iron Man réunis (même avec des compromis, Snyder est un mec qui a une vrai personnalité). Le jugement final sera rendu après vision du Director’s cut dans quelques mois, en attendant allez plutôt voir Midnight Special !

Evilhost

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Venu du futur pour empêcher Argento de devenir aussi mauvais qu’Uwe Boll, j’ai malheureusement échoué dans ma mission. Ainsi donc, je suis bloqué dans cette réalité alternative ou Spielberg est considéré comme un génie, condamné par les dieux du bis à mater en boucle et pour l’éternité la filmo de Jean Luc Godard.