Critique: Deadpool – Pour

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Rating: 2.0/5 (4 votes cast)

Deadpool

de Tim Miller

Avec Ryan Reynolds, Morena Baccarin, Gina Carano, T.J. Miller, Ed Skrein

Etats-Unis – 2016 – 1h48

Rating: ★★★★☆

Deadpool

Super héros décalé de son état, Deadpool fait son apparition dans les comics Marvel en 1991. Mercenaire anti-héros, il ballade son costume rouge et noir et ses flingues dans nombre de super séries avant de finir par obtenir la sienne. Doté d’une faculté de régénération plus efficace que celle de Wolverine himself,  Wade Wilson de son vrai nom, a aussi le pouvoir du comic awarness (perception de la bande dessinée) qui lui permet de s’adresser directement au lecteur. Armé d’un humour à toute épreuve, il représente le pendant noir des super héros, sans tout à fait être un anti héros.

C’est Tim Miller qui s’est attelé à la réalisation du film sur le mercenaire ultra violent. Malgré une bande annonce rythmée et un « interdit aux moins de 12 ans » dans les salles françaises,  c’est avec beaucoup de scepticisme que j’attendais la sortie de cet opus. Trop de déceptions avec les films de super héros solo (Wolverine… Please !!!) et un ras le bol des superproductions en équipe (Avengers 2 pour ne citer que lui).

Eh bien je n’ai pas été déçu !! Malgré un scénario convenu (comme nombre de productions sur les super-héros) et des ficelles grosses comme des troncs d’arbres, le film n’en reste pas moins jouissif.

Décalé, jouant avec les codes super héroïques, Deadpool ne s’accorde aucune pause. Rythmé du début à la fin, le film fait la part belle à l’action et aux vannes. Deadpool enchaine les blagues et les scènes de combat, ce qui donne une saveur particulière  à ce film, loin de ce qui se fait habituellement dans les films super héroïques… Nous avons bien entendu droit aux flashbacks nous racontant l’histoire du héros, aux side kicks le mettant en valeur et au méchant pas charismatique, mais traité de manière assez originale (et sanglante). La petite amie du héros est une prostituée, ses « alliés » ne le sont pas vraiment et le super méchant est le chassé, pas le chasseur.  Ces légères entorses au scénario habituel suffisent à donner une saveur particulière à ce qui aurait pu être le nanar de l’année. Car il suffit parfois d’un rien pour transformer une daube en ovni. Le développement de la relation amoureuse basée uniquement sur le sexe, la bagarre Deadpool vs Colossus (durant laquelle Deadpool se brise tous les membres, les uns après les autres, sur le colosse de métal) ou encore les discussions entre une vieille aveugle black cocaïnomane et un gérant de tripot mercenaire geek ajoutent un plus indéniable à cette histoire de gars costumé qui aurait pu tourner court. Ajoutez à cela des scènes d’actions burnées (la scène d’introduction est géniale), une chronologie bien traitée (les flashbacks participent grandement à l’équilibre du film) et des personnages secondaires drôles et décalés (Le chauffeur de taxi Pakistanais en détresse amoureuse vaut le détour :D) et vous obtenez un film super héroïque au-dessus de la moyenne.

Effacés les Iron Man 3 ou autres Wolverine : le combat de l’immortel, l’aventure super héroïque solo se nomme dorénavant Deadpool.

Bien entendu on pourrait critiquer le jeu d’acteur de Ryan nanar Reynolds ou la fin plus que convenue…  Mais ce serait bouder notre plaisir et faire preuve de mauvaise foi. En effet, Reynolds passe plus de la moitié du film masqué ou défiguré et fais amende honorable en se pastichant lui-même et en faisant preuve d’une auto dérision rare pour un acteur d’Hollywood (Hugh Jackman si tu me lis…). Quant au dénouement, n’oublions pas que même si nous sommes dans du « classé R » (interdit aux moins de 17 ans au States), le film a pour destination le grand public, qui se doit quand même de passer un agréable moment (même les plus sombres Batman ou autres Spawn ont eu droit à une fin plutôt clémente !!).

Pas un coup de maitre, mais bien un coup d’essai, et plutôt réussi, ce film tient pour moi ses promesses. On passe un bon moment auprès d’un super héros décalé et on redécouvre un peu la manière de voir les films super héroïques (plus de 20 en 7 ans quand même…). On se surprend même à espérer que le prochain Wolverine (qui sera lui aussi « classé R ») échappe à la case « daube avec des griffes » pour redonner ses lettres de noblesses au mutant griffu !!

A voir donc, pas avec sa grand-mère, ni avec sa prof de philo, mais plutôt avec des potes à l’humour un peu décalé.

Rhez

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