Critique: Chocolat

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Chocolat

De Roschdy Zem

Avec Omar Sy, James Thiérrée, Clotide Hesme, Alex Descas

France – 2016 – 1h50

Rating: ★★★★★

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Tiré du livre Chocolat, clown nègre : l’histoire oubliée du premier artiste noir de la scène française de Gérard Noiriel, le long-métrage est avant tout une histoire d’un duo particulier et original, le clown blanc et le clown noir, deux acrobates, « deux faces d’une même pièce » comme disent les protagonistes. Néanmoins, il se développe un rapport tantôt équilibré tantôt déséquilibré. Footit connaît les arts du cirque, Chocolat non, il se construit alors un rapport maître/élève articulé sur le travail du corps, la primauté de l’art du cirque. Le metteur en scène réalise alors de belles séquences de répétition où les deux hommes s’apprivoisent. Il se rendent chacun plus fort, une complémentarité parfaite sur scène, Omar Sy et James Thiérrée sont excellents et impressionnent. Mais leur relation donne aussi lieu à un rapport dominant/dominé : le clown blanc au-dessus du clown noir, l’un est autoritaire quand l’autre est le souffre-douleur. D’autant que le principe entre eux deux est que Footit botte les fesses de Chocolat, voire le gifle, mais c’est le pantomime qui veut cela, il faut amplifier le burlesque, exagérer les gestes et sur-interpréter le corps. Ceci explique la dimension « cascadeur » des personnages où Footit a l’avantage. Enfin, il y a un rapport blanc/noir car on est au début du siècle, cela dénote (une séquence d’autographes où un enfant passe son doigt sur le visage de Chocolat pour vérifier la couleur de sa peau) en plus de l’analphabétisme moyen de Chocolat et son absence de papiers.

Cela nous amène à nous demander qui est la star entre eux deux ? le film tend vers le personnage Chocolat, quand Footit se montre plus mystérieux (l’homosexualité), peu souriant (« je ris dans ma tête » dit-il) mais bien plus professionnel. Il devient l’illustration adéquate du clown triste, l’homme qui fait rire mais se montrant profondément dépressif. Et Chocolat se comporte comme une star, avec les vices qui vont avec : coureur de jupons, alcoolisme et accro aux jeux qui l’endetteront. C’est lui en avant sur les affiches, pour les marques et les jeux mais il aime de moins en moins son image de bouffon noir. D’ailleurs il y a une séquence rappelant l’oppression des noirs aux Etas-Unis, quand Chocolat est arrêté par la police pour défauts de papiers. On ne traite pas une star de cette façon, les enfants préfèrent le clown noir au clown blanc, plus mondain et plus expressif (avec une statue au musée Grévin en son honneur). Le récit amène donc au constat que Chocolat est noir dans un monde de blancs, par conséquent un nègre reste un nègre, aussi star qu’il soit. On peut le prendre pour la morale du film, bien que Chocolat dans la dernière partie du film lutte contre sa condition, en s’essayant au théâtre.

Bête de foire comme la Vénus Hottentote (la critique Vénus Noire), Chocolat, participe à l’histoire des noirs de France dans l’espace publique, le petit pas pour une minorité. Chocolat est même devenu une expression. De plus, ce Biopic brille avant tout par sa modernité, car les questions soulevées sont encore d’actualité. Puissent donner d’autres projets de ce genre, car le pari cinéma est réussi. Alors qui est l’ombre ? Qui est la lumière ?

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…