GoodBye Mr. Bowie

 
 
 
 

David Bowie s’est éteint ce 10 janvier 2016, deux jours seulement après son 69e anniversaire. Certains membres de la CelluloTeam sont fans du monsieur et tenaient à rendre hommage à cette grande légende du rock qui vient de rejoindre les étoiles de la Galaxie Stardust.

 

Hollyshit - Ziggy

 

Texte de Lullaby Firefly

Ça paraît con, et je regretterai peut-être plus tard de l’avoir écrit ici, mais aujourd’hui, j’ai pleuré la mort de David Bowie. Parce que d’un coup, ça a ravivé des tas de souvenirs, des tas d’époques passées et oubliées qui remontaient. Des bonheurs d’enfance lointaine, des sanglots d’amours adolescents déçus.

Je crois que la voix de David Bowie m’a suivi toute ma vie. Du plus loin que je m’en souvienne, j’étais fan de Queen et de Bowie à 5/6 ans, Under Pressure était déjà une de mes chansons préférées. A l’époque, j’aimais autant leurs périodes 70’s et 80’s respectives, alors qu’ado (et c’est depuis toujours le cas), leurs phases glam sont de loin mes préférées – tous genres et périodes confondues. Du plus loin que je m’en souvienne, j’étais amoureuse de Ziggy, comme ma tante l’avait été à mon âge, elle qui m’avait initié au rock 70’s et 80’s. J’ai toujours adoré l’album Ziggy Stardust (un pote m’avait donné la k7 à une époque où mon walkman ne faisait pas encore office d’objet collector vintage, mais plutôt d’oripeau de ringardise totale…), j’ai toujours adoré la chanson Ashes to Ashes (me rappelle encore l’époque où elle passait sur n’importe quelle radio FM), j’ai toujours adoré Space Oddity, Heroes, Rebel Rebel,  Starman, The Man who sold the World, Life on Mars, Changes,  The Jean Genie, autant de tubes connus de tous depuis des décennies.

J’ai toujours adoré Fame, Lady Stardust, London by Tata, Oh You Pretty Thing!, Five Years ou encore Velvet Goldmine, même si étrangement je ne l’ai découverte que tardivement, et ce, grâce au film de Todd Haynes. C’est ça pour moi aussi Bowie, la muse involontaire d’un des meilleurs films sur le rock au monde, Velvet Goldmine. J’ai une affection et une histoire bien personnelle avec ce film. Il a contribué à accomplir un signe du destin en quelques sortes… Tout cela parce que depuis la première fois (d’une très nombreuses séries) où j’ai découvert le film, j’ai senti qu’il transpirait tout ce qui faisait Bowie: son statut d’icône, son charisme incandescent qui ressortait sur son double de pellicule qu’incarnait Jonathan Rhys Meyer.

Bowie était un artiste dans le sens le plus pur du mot, dans la pluralité de dons que suppose ce mot.  Un vrai génie du rock. Un raviveur de flammes. Un inventeur de tendance. Même si le grand public et les médias ne le plaçaient plus aussi souvent sous les feux des projecteurs, le Grand David n’en poursuivait pas pour autant sa carrière, façonnant dans son coin les sons qui lui plaisaient, sûr d’avoir pu goûter à la légende de son vivant, sûr d’être devenu et resté l’icône pop qu’il avait voulu être en forgeant ses premiers personnages. Mais là est peut-être sa plus belle réussite, celle d’avoir su imprimer dans la mémoire collective, parmi la multitude de personnages incarnés, son vrai visage et son premier et unique nom de scène.

A présent, le premier couplet de Lazarus, 3e titre de son ultime album Blackstar sonne comme un au-revoir:

Look up here, I’m in heaven (Regardez par ici, je suis au paradis)
I’ve got scars, that can’t be seen (J’ai des cicatrices, qui ne se voient pas)
I’ve got drama, can’t be stolen (J’ai mon histoire, qui ne peut être volée)
Everybody knows me now (Tout le monde me connait maintenant)

Certains retiendront sa classe, d’autres, sa troublante beauté ou le grain particulier de sa voix. Moi, je choisis de ne retenir que son immortalité. Goodbye Ziggy, Farewell Davey.

 

seujorge
 

Texte d’Hamburger Pimp

Mon premier contact avec David Bowie, c’était par la collection de disques d’une de mes tantes. Elle avait Space Oddity, Aladin Sane et Heathen. Il n’y avait que le nom qui faisait concorder un visage acéré aux boucles blondes, un homme pâle aux cheveux roux traversé de maquillage et un visage statue de cire. D’ailleurs si je m’étais à ce personnage, c’est que ce certain David Bowie, avait fait la bande son d’un nouveau jeu vidéo, Nomad Soul, un jeu de science-fiction où le héros peut naviguer de corps en corps, comme David Bowie a vécu d’avatar en avatar. Et dernièrement j’avais découvert des similitudes confirmés entre ce fameux David Robert Jones et le footballeur néerlandais Johan Cruyff, tous deux éclosant au même moment avec cette affirmation de soi poussée en contradiction avec un corps maigrichon longiligne.

Tous deux plus fort et plus vite que les autres. Alors où Stevie Wonder et les Jacksons 5 puis Michael Jackson fomentent des contes enfantins ou adolescents d’une Amérique noire ; où les Beatles avaient réinventé l’imagerie du cirque et de la fête foraine avec Sergent Pepper’s Lonely Hearts Club Band et Magical Mystery Tour ; où les Doors contaient à travers toute leur discographie l’enfer de la guerre du Vietnam et la quête infini du voyageur ; où les Pink Floyd s’essayaient au récit intergalactique ou cosmique voire au voyage intérieur complété par le jazzman Sun-Ra ou George Clinton avec ses Funkadelic ou Parliament ; et où le Velvet donnait dans la performance d’avant-garde dans un romantisme noir (un certain concept pouvant compléter les théories du Vug comme le film néo-noir, illustré par Tarantino ; ou le film tech-noir avec des films tels que Cosmopolis, le prochain Ben Weathley High Rise ou Cube et Cypher de Vincenzo Natali) ; David Bowie pouvant englober toute ces imageries pour les rendre plus cinématographiques grâce à son, glam rock particulier, c’est cela la touche vampirique.

De ce fait, il était un personnage de cinéma et il en a joué plusieurs, sur scène (Ziggy Stardust, Aladin Sane, Thin White Duke) ou sur les écrans : L’homme qui venait d’ailleurs, Les Prédateurs, Furyo, Labyrinthe, Ponce Pilate dans La dernière tentation du Christ, Andy Warhol dans Basquiat et surtout Nikola Tesla dans Le prestige. On pourrait ajouter que si, et je dis bien si, Ridley Scott avait ajouté un peu plus de David Bowie dans son Seul sur Mars, Celluloïdz aurait peut-être montré plus d’enthousiasme pour ce long-métrage en fin d’année, après tout il complète Gravity et Interstellar. Point de regrets. Par contre ces trois films, tout comme la musique de David Bowie, proposent une image similaire, vous voyez très bien ce dont je parle, cette image d’une personne en combinaison spatiale, essayant de naviguer dans l’espace, clair-obscur, à la recherche de vaisseau, d’astres ou de planète. C’est une image parmi tant d’autres que nous laisse David Bowie. Merci pour tout.

PS : Michael Fassbender, ou Christian Bale, seraient des acteurs idéaux pour incarner David Bowie. Quoi de mieux qu’un britannique pour incarner un britannique ?

 

AshesToAshes
 

Texte d’HollyShit

David Bowie, c’était un aventurier de l’Art et son incroyable odyssée créative l’aura conduit au-delà de la musique.

Ainsi, il aura exploré le milieu de la haute couture via ses collaborations avec Freddie Burretti pour la combinaison de Ziggy Stardust, Kansai Yamamoto sur la tournée Aladdin Sane, Alexander McQueen avec sa veste Union Jack ou encore Natasha Korniloff et l’inoubliable Pierrot d’Ashes to Ashes. Il s’auto parodiera ainsi en jouant son propre rôle d’icône de la mode dans le Zoolander de Ben Stiller. Ce n’est d’ailleurs pas la seule fois où il apparaîtra à l‘écran dans son propre rôle : à l’occasion d’un live berlinois dans Moi, Christiane F., un passage dans le film musical teenage College Rock Star ou encore une savoureuse impro incendiaire au piano dans Extras, la série de Ricky Gervais.

Bowie était un inconditionnel d’Andy Warhol, ce qui le poussera à écrire un morceau au nom de l’idole du Pop Art et qu’on peut entendre sur le cultissime Hunky Dory en 1971. A cette même époque, il aura d’ailleurs l’occasion de fréquenter l’artiste à la Factory, où traînait également le pote Lou Reed (ah, cette collaboration sur Transformer…). Vingt ans plus tard, il aura l’occasion de se mettre dans la peau de Warhol dans le Basquiat de Schnabel, rôle pour lequel il portera les authentiques lunettes et la perruque de l’artiste.

En 1980 et 1981, David Bowie montera sur les planches de Broadway pour incarner sans maquillage John Merrick dans The Elephant Man de Bernard Pomerance (une pièce dont le film de Lynch, sorti peu après, ne s’inspire pas). Il fera 157 représentations dans ce rôle qui sera notamment repris par Mark Hamill et tout récemment Bradley Cooper.

Pour le jeu vidéo, David Bowie se sera pleinement impliqué sur le Nomad Soul de David Cage en participant à la BO et en prêtant non seulement sa voix mais aussi ses traits à deux personnages du jeu dont Boz, l’hologramme qui guide le joueur.

Et le cinéma, forcément : entre Bowie et le 7ème Art, c’est une grande histoire d’amour qui aura donné une poignée de rôles cultes sur lesquels je ne reviendrai pas ici. Je parlerais plutôt de participations moins inoubliables mais qui montre l’étendue de son prisme artistique comme ses doublages de films d’animations. Il sera ainsi la voix du méchant Maltazard dans Arthur et le Minimoys (la version étant quand à elle assurée par un autre chanteur qui nous manque beaucoup : Alain Bashung) et celle du roi heureux dans le premier film Bob l’éponge (il devait également participer pour une chanson à une comédie musicale consacrée au héros spongieux). J’aimerais aussi évoquer l’excellent morceau Putting on the fire, composé et interprété pour l’envoûtant remake de La Féline de Paul Schrader (le titre sera repris avec une pertinence moindre dans Inglorious Bastards). Enfin, il aura également contribué au cinéma d’une manière moins artistique en enfantant Duncan Jones, l’un des réalisateurs les plus prometteurs d’Hollywood.

 

Lullaby Firefly, Hamburger Pimp & HollyShit

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