Critique: Ash vs Evil Dead (saison 1)

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Rating: 5.0/5 (1 vote cast)

 
 

Ash vs Evil Dead

Créée par Sam Raimi

Avec Bruce Campbell, Ray Santiago, Dana DeLorenzo, Jill Marie Jones, Lucy Lawless

Etats-Unis – 2015 – 10 épisodes

Rating: ★★★★☆

Diffusé en France du 7 janvier au 28 janvier sur OCS Choc


 

AshVSEvilDead

 

20 ans ont passé depuis l’Armée des ténèbres… Comme vous, j’avais laissé Ash en magasinier de chez Prix bas où les prix sont bas (poste qui valut notamment à Evil Dead 3 son sublime titre japonais : Captain Supermarket !) et c’est bien entendu là que je le retrouvais. On change pas Ash : c’est un peu Jeff Lebowski qui aurait préféré le rock’n’roll aux hippies et qui subit du Lovecraft au lieu de Raymond Chandler. Comme son lointain cousin, il ne crache pas sur un trip d’acide ou sur un petit pétard et c’est justement au gré d’une soirée défonce avec une nouvelle conquête que notre vieux nigaud réveille à nouveau par inadvertance (!) les forces des ténèbres…

Ash, cette fois-ci, ne fait plus cavalier seul et se voit plus ou moins contraint de s’adjoindre les services de deux jeunes collègues : Pablo, le latino à la chevelure kramerienne et Kelly, la juive badass. Le trio se lance alors, au volant de la fameuse Lincoln Continentale, dans une série d’aventures bien saignantes avec pour objectifs de régler le problème de ce satané Necronomicon et de refermer une bonne fois pour toute (encore !) la porte des ténèbres. Notre trio se verra dans son périple traqué par une fliquette sexy en quête de réponses mais surtout par une mystérieuse chasseuse de démon incarnée par la charismatique Lucy « Xena » Lawless.

 

 

Le pilote, réalisé par Sam Raimi himself, met en place avec délice cette nouvelle histoire via une mise en scène survoltée qui, si elle n’égale pas la folie d’un Evil Dead 2, montre néanmoins que le réalisateur n’a rien perdu de sa frénésie et s’avère bien rafraîchissante dans le cadre d’une production télévisuelle.  Niveau monstres et effets spéciaux, cet épisode se montre particulièrement généreux via  les excellents maquillages des deadites  [à mettre en annotation les créatures mi-zombies, mi-possédées des Evil Dead] et un emploi bien dosé des CGI, notamment l’apparition de la poupée de porcelaine du Oz de Raimi qui s’avère ici beaucoup moins mignonne ! Comme pour les films, la série tire parfaitement parti de l’ensemble des techniques afin de combler au mieux le spectateur qui déjà en redemande. Faut dire, c’est pas tous les jours qu’on a le droit à un peu de gore rigolard !

Par la suite, les épisodes adoptent un format plus ramassé (30min contre les 45 du pilote) qui permet  à la série de ne jamais perdre en rythme., Ash vs Evil Dead trouve le parfait compromis entre feuilleton et intrigues indépendantes en proposant à chaque semaine un nouveau cadre à l’aventure et de nouveaux personnages sans pour autant perdre son fil conducteur simple mais efficace. Ainsi, on est amenés à visiter un foyer traditionnel américain, une librairie occulte, un diner ou encore un camp de pseudo-militaires et on partage le savoureux voyage introspectif d’un Ash en plein trip.

[SPOILER]

Enfin, la série se conclut sur un arc de trois épisodes dont le fait d’en dire qu’il nous replonge directement dans l’univers des premiers films constitue en soit un spoiler (désolé).

 

Ash

 

Certes, certains parleront certainement de fan service mais force est de reconnaître que l’esprit du show est beaucoup plus artisanal et autrement plus sympathique que ce que l’on peut voir souvent (oui, Mickey, je ne peux t’interdire de te sentir visé). Avec une certaine modestie et aussi beaucoup d’imagination, Ash vs Evil Dead tire parfaitement parti du format télévisuel, réussissant là où une suite tardive aurait eu de grandes chances d’échouer, et atteint son but sans tomber dans le passéisme : nous faire prendre notre pied. Forcément, le gros du plaisir provient aussi de celui dont je n’ai pas encore écrit le nom mais qui suffisait à me faire aimer la série sans même la voir : Bruce Campbell. Alors, l’acteur slapstick de génie a vieilli (il en jouait déjà dans l’excellent Bubba Ho Tep) et ne peut plus assurer autant de chutes et de contorsions mais il compense largement en retrouvant son rôle culte avec autant d’aisance que de classe et forcément, un sens du timing comique impeccable (Jim Carrey aurait-il connu le même succès si un Bruce Campbell ne lui avait pas chauffé la place dix ans plus tôt ?).

La saison 2 devrait logiquement proposer un peu de neuf, la série ayant déjà brassé large niveau clins d’œil aux films, et je suis d’ores et déjà impatient de découvrir ce qui pourra bien se passer sous le soleil d’Ash vs Evil Dead.

Bruce Campbell (juste parce que j’avais envie de l’écrire encore une fois)

HollyShit

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About HollyShit

C’est un endroit extraordinaire dont le nom s’affiche fièrement à front de colline (le « O » est à Alice Cooper et le « Y » à Hugh Hefner !) : cité des anges où tout le monde a un sexe, Mecque où les juifs sont bienvenus, usine à rêve désormais spécialisée dans le recyclage … Les étoiles tapissent ses trottoirs à défaut de pouvoir percer les nuages de pollution. Sous son soleil paradisiaque, la neige y tombe pourtant toute l’année, importée directement de Colombie. Là-bas, les nourrissons tètent du lait au silicone et les mexicains rêvent d’avoir des guatémaltèques pour récurer leurs toilettes. Ce pays sera ici représenté par un émissaire qui n’y a jamais foutu un pied et qui signe « Clém’ » à la pointe du stylet de sa palette graphique.