Critique : No Escape

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No Escape

De John Erick Dowdle

Avec Owen Wilson, Pierce Brosnan, Lake Bell…

États-Unis – 2015 – 1h40

Rating: ★★★☆☆

No Escape

Le jeune ingénieur américain Jack Dwyer se voit contraint de s’expatrier avec sa femme et ses deux filles pour un job super classe en Thaïlande (contribuer à rendre l’eau potable pour toute la population quand même, c’est pas rien). Manque de bol, un coup d’état a lieu le soir de leur arrivée, le peuple gronde et il ne fait pas bon d’avoir la tronche d’un surfeur californien dans les rues de Chiang Mai. Épaulée par Hammond (Pierce Brosnan), un compatriote sachant tâter du flingue, notre sympathique famille devra survivre en pleine chasse à l’homme urbaine.

Le nom de Dowdle devrait vous être familier. En effet, les frères Dowdle sont des cinéastes bougrement intéressants et assez touche à tout dans le cinéma de genre. Même s’ils traînent leurs casseroles, (on pardonnera facilement le film Devil, commande chiante et maladroite, mais franchement pour le remake de [REC] vous n’avez pas d’excuse les mecs) les deux frères arrivent souvent à extraire le meilleur parti de leurs travaux en tirant constamment leurs projets vers le haut (tant au niveau de la forme qu’à la plume). On se souvient tous du très glauque The Poughkeepsie Tapes, ou encore du found footage Catacombes qui arrivait à sortir le genre de ses rails à défaut d’être complètement réussi.

No Escape évite intelligemment l’écueil de la diatribe politico-sociale-prout-prout que pas mal de films du genre mettent sur le tapis à un moment ou à un autre (on pense à Gunman, par exemple). Bien sûr les personnages en causent au détour d’un échange de répliques, mais cela ne sert que de « décors » pour habiller les longues poursuites et les cache-caches urbains. La tension est clairement le point fort du métrage, elle est super bien dosée par les frangins. On n’échappe pas à la violence frontale, des innocents meurent, femmes et enfants, de manière crue et violente. Les deux petites filles n’échappent pas à l’horreur du carnage et le film n’évitera pas de manière hypocrite certains sujets et situations inhérentes à ce genre de récit qui heurteront vôtre morale (il faut se salir les mains pour survivre).

Dommage cependant que les choix formels ne soient pas toujours percutants pour magnifier tout ça. Le réalisateur use parfois de ralentis pas toujours pertinents et l’ensemble manque un peu de « hargne » malgré le choix d’un filmage à l’épaule qui, même s’il renforce l’immersion, montre assez vite ses limites en terme de découpage (n’est pas Alfonso Cuarón qui veut !).

Avec No Escape les Dowdle s’attaquent à un projet plus ambitieux. Et si les frangins s’en tirent haut la main sur pas mal de tableaux, on ne peut que regretter, une fois le générique de fin arrivé, que la mise en scène n’arrive pas toujours à suivre les ambitions affichées. Malgré ça, le film mérite largement le coup d’œil, surtout pour la trogne de Pierce Brosnan qui gagne en charisme de plus en plus en vieillissant !

Gutbuster

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Gutbuster est un fantôme, un esprit frappeur s'amusant à effrayer les gens dans leur quotidien. Infligeant des tortures mentales abominables, le bougre s'amuse à intervertir les dvd dans des mauvaises pochettes, ouvrir les boites de figurines ou encore régler les radio-réveils sur NRJ. Il peut aussi s'amuser à pirater votre compte Amazon pour commander des livres de Berbard-Henri Levy ou le dernier film en date de Franck Dubosc. Tremblez, cinéphiles du monde entier, Gutbuster veille au grain pour vous faire trembler d’effroi !