Chips-Movie : C.H.U.D

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C.H.U.D (Canniballistic Humanoïd Underground Dweller)

de Douglas Cheek

avec  John Heard, Daniel Stern, Kim Greist, Christopher Curry

Etats-Unis – 1984 – 1h28mn

Rating: ★★★★☆

CHUD

New York, 1977, avec pour point de départ les disparitions mystérieuses de plusieurs sans-domiciles fixes, un ancien toxico, reconverti dans l’aide à la précarité, ayant toutefois réussi à attirer l’attention d’un inspecteur de police, ainsi qu’un photographe autrefois adulé et désormais spécialisé dans la représentation du milieu urbain vont, par des biais détournés, découvrir que les égoûts de la Grosse Pomme sont devenus les réceptacles des déchets radio-actifs d’une grande corporation, contaminant et transformant les populations vagabondes qui y avaient trouvés refuge en une toute nouvelle espèce de prédateur..

C.H.U.D c’était un fantasme absolu (avec son titre fluo et son affiche à l’aérographe) datant de l’époque des premiers magasins de locations vidéo, que je n’avais jamais osé actualiser. Mais il faut savoir s’arracher à l’enfance, c’est maintenant chose faite et je peux vous dire que je crois avoir bien fait . L’ensemble de la profession peine encore à s’accorder sur les horaires idéals pour un visionnage afin de trancher définitivement sur la qualité du film, mais il faut pas les écouter. Moi qui n’attendait pas spécialement de la grande cinématographie je peux vous dire que j’ai été plus que surpris : tout le monde se démène et c’est absolument perceptible à l’écran, les comédiens font de leur mieux pour rendre crédible l’intrigue et essayer de nous faire croire à cette espèce de légende urbaine qui dissimule en effet un lourd et terrible secret (et qui ne manque pas de cristalliser au passage une des grandes phobies de l’époque) et vraiment l’écriture et le chapitrage sont bien loin d’être à la ramasse. Alors oui ça sent le manque de thunes à chaque plan, mais on a droit tout de même à une belle progression de l’intrigue (car tous les personnages ne se connaissent pas, il faudra un petit peu de temps avant qu’ils ne se trouvent reliés les uns aux autres ) et certains films contemporains ne s’en sortent même pas aussi bien avec le triple de moyens, trimballant toujours les mêmes casseroles et lacunes en terme d’installation et de caractérisation. Ici au moins on a l’impression que The Crazies de Romero a été visionné correctement par au moins une personne, le déroulement pourrait être conservé dans l’état.

Car oui, de remake il fût en effet question, et pas des plus mal-intentionnés puisque c’est sur l’initiative de Rob Zombie que le projet aurait failli voir le jour, et  on ose à peine imaginer ce qu’il aurait fait avec une intrigue et un sous-texte pareil. Très vite, un mot sur l’aspect formel : pour des raisons de budgets donc, les créatures n’apparaissent que progressivement et toujours de façon partielle – par contre quand on les voit pour de bon , alors là c’est un alléluia ..elles transpirent le latex bon marché, irradiant d’un effet filtre-contour typiquement 80’s tout en clignotant des yeux  (ce paramètre à lui seul légitimant la place du film dans cette rubrique ) mais dans les grandes lignes le film peine à tenir sa promesse alléchante d’horreur poisseuse et souterraine à base d’affrontements sauvages entre mutants et brigades du SWAT à la faible lueur des néons de rames de métro. Aujourd’hui le problème ne se poserait même plus, ce serait un festival évidemment.

Aussi le film se concentre davantage sur l’enquête, la découverte du mystère et puis surtout la volonté de faire éclater la vérité au grand jour, avec donc , de très beaux moments de bureaucratie. Le film se termine toutefois sur une note optimiste, non sans avoir frôlé de très près la réalité, et ceux qui comme moi ont peut-être eu l’audace de suivre la deuxième saison de True Detective verront plus ou moins ce que je veux dire par là.

Je ne me prononcerais pas à propos des deux séquelles qui ont suivis, mais en ce qui concerne ce premier opus, je vous assure une grande générosité à l’écran, suffisamment pour passer un agréable moment. Le film tourne en boucle sur la chaîne de Robert Rodriguez, El Rey Network, il doit quand-même bien y avoir une raison.

        Nonobstant2000

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Le samedi soir il mange des chips. Pas de catch, pas de foot; si tu veux tu peux venir!