Critique: Black Christmas

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Black Christmas

De Bob Clark

Avec Olivia Hussey, Keir Dullea, Margot Kidder, John Saxon

Rating: ★★★★☆

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Alors que démarre les vacances de noël et qu’elle se vide de ses occupantes, une résidence d’étudiantes reçoit une série d’inquiétants coups de fil anonymes. Les jeunes filles commencent alors à disparaître, victimes d’un insaisissable psycho killer.

Quand on dit films de noël, on pense souvent à La vie est belleGremlins ou encore La course au jouet ( si !) mais rarement à Black Christmas. Et c’est bien dommage car, sorti en 1974 aux Etats-Unis (soit moins de 6 mois après Le mort vivant, autre classique de Bob Clark), ce film est souvent considéré comme le premier slasher de l’Histoire du cinéma. En effet, réalisé quatre ans avant Halloween, la nuit des masques, le film pose les jalons du genre, même si son tueur n’use pas d’armes blanches et n’est pas masqué,  son visage nous demeurant malgré tout caché pendant tout le film. Carpenter reprendra dans l’intro célébrissime de son film la vue subjective chère à Bob Clark. Celui-ci l’associe à une très courte focale pour un effet fisheye des plus déstabilisants qu’il réutilisera plus tard dans Meurtre par décret pour montrer à la première personne les crimes de Jack l’Eventreur. Black Christmas sera également une référence de Wes Craven et on retrouvera ainsi l’acteur John Saxon dans Les griffes de la nuit mais surtout l’emploi du téléphone caractéristique dans son Scream vingt ans plus tard (il avait déjà était repris dans Peur sur la ligne de Fred Walton en 1979).

Bob Clark mène habillement son jeu du chat et de la souris dans la maison avec d’un côté la bande d’étudiante comprenant la prude Jessica, l’aguichante Barbie (Margot Kidder, future Loïs Lane et groupie du Nouvel Hollywood), la craintive Phyllis, la vulnérable Clare, accompagnée de Mme Mac, une vieille fille portée sur la bibine et de l’autre, le mystérieux tueur qui vient pervertir ce chaleureux foyer. Véritable mal sans visage, nous partageons dès la première scène, via sa vue subjective, son introduction dans la maison. Il sera par la suite du film dissimulé dans le grenier, tel un fantôme hantant les lieux. Seule sa voix se fait entendre via ses coups de fil anonymes. Les appels glaçants du tueur, alternant différentes voix dans un mélange de complaintes inquiétantes et de cris indéfinissables, semblent renvoyer à ceux du tueur du Zodiaque, notamment tels qu’ils furent capté dans l’émission de Melvin Belli en 1969. Comme dans le film de Fincher (Zodiac s’il faut vraiment le nommer !), l’identité du maniaque restera dissimulée aux héroïnes, aux forces de police ainsi qu’à toi, spectateur (!) et malgré le déploiement d’un jeu de fausses (vraies ?) pistes, Bob Clark ne nous dira jamais qui est son Norman Bates.

Après avoir marché sur les pas de Romero avec Le mort vivant, Bob Clark nous montre ici son excellente maîtrise de la mise en scène et impose de nouveaux codes qui marqueront le genre même s’ils lui seront rarement attribués. Black Christmas est le parfait thriller de noël (il fera d’ailleurs, comme tous les films d’horreur des années 70, l’objet d’un anecdotique remake en 2006) et même s’il s’avère certainement moins traumatisant que l’émission annuelle de TF1 avec Arthur et Dechavanne, le film vous garantira néanmoins un bien meilleur réveillon et de doux frissons pour cette douce nuit, sainte nuit (dans la langue de Shakespeare : Silent night, Holy shit (Ah merde ! C’était night again mais bon, merde, c’est shit donc on s’y retrouve !).

Hollyshit

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