Critique: The Visit

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The Visit

De M. Night Shyamalan

Avec Olivia DeJonge,  Ed Oxenboult, Deanna Dunagan, Peter McRobbie et Kathryn Hahn

Etats-Unis – 2015 – 1h34

Rating: ★★★★☆

THE VISIT

Armés de caméras vidéo, Becca et son petit frère Tyler partent le temps d’une semaine voir leurs grands-parents qu’ils n’ont jamais connus, avec pour but de percer le lourd secret qui pèse sur la famille. Sur place, les deux adolescents constatent rapidement qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez Papy et Mamy.

C’est à reculons que je suis parti voir le nouveau M. Night Shyamalan, notre baudruche préférée du cinéma fantastique des années 2000 qui, après s’être imposé comme le nouvel espoir du genre avec des réussites comme Sixième sens et Incassable, s’était malencontreusement enseveli sous ses propres acquis (Signes, Le Village), finissant par générer un chaos critique chez ses détracteurs comme chez ses défenseurs (j’ai pu entendre tout et son contraire sur Phénomènes et La Jeune fille de l’eau) avant d’enfin réussir à se mettre tous les cinéphiles à dos (Le Dernier maître de l’air, After Earth). Donc, comprend moi ô cher(e)(s) lecteur(s)/lectrices(s) si je n’étais pas spécialement pressé de découvrir cette nouvelle livraison en mode found-footage (de gueule ?) produite par l’envahissant pape de l’épouvante domestique, Jason Blum.  C’était oublier les formidables passages de virtuoses du genre comme James Wan et Rob Zombie qui, avec leurs respectifs Insidious et The Lords of Salem, avaient su démontrer que le studio Blumhouse pouvait accoucher de réelles œuvres horrifiques bien plus audacieuses que la saga Paranormal Activity (dont les répercussions le plus souvent désastreuses sur le cinéma fantastique contemporain se font encore sentir).

C’est donc par le biais du found-footage à la con que Shyamalan fait son escale chez l’oncle Blummie… Et, putain, en fait ça fonctionne de ouf ! On peut se rappeler des étranges compliments de Steven Spielberg lors de la promo du premier Paranormal Activity (étranges dans la mesure où le roi du mouvement cinématographique saluait un objet filmique particulièrement inerte). Et si l’influence de Spielby chez James Wan, par exemple, est visible comme le nez au milieu de la figure, elle refait magistralement surface chez M. Night Shyamalan qui touche du doigt ce que ne faisait qu’effleurer Super 8 de J.J. Abrams. Manipulant habilement le spectateur avec un secret de famille que l’on imagine forcément énorme, voire surnaturel, The Visit rend son dispositif found-footage légitime et cohérent, entre film de famille et confessions intimes de télé-réalité, pour remplir la carence paternelle de ses deux jeunes héros partis en quête de recoller les morceaux de leur famille brisée.

Puis Shyamalan retrouve de sa verve horrifique d’antan, le temps de nombreuses séquences de pure épouvante, distillant progressivement  une terreur sourde par la succession de détails étranges faisant dévier lentement mais sûrement le récit vers une évidente conclusion horrifique. Tellement évidente qu’on pourra se reprocher de l’avoir vu venir dès le début du film pour ensuite l’oublier face à tant de bizarreries. Entre comédie dramatique familiale et conte horrifique (voir les nombreuses références à Hansel et Gretel), The Visit signe un retour inespéré de Shyamalan sur le trône du fantastique sensible tout en sacrant Jason Blum comme le taulier le plus fréquentable du cinéma horrifique mainstream. Qui l’eut crû ?

 

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».