Critique: The Virgin Psychics [PIFFF 2015]

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Eiga: minna! Esupâ da yo!

De Sono Sion

Avec  Shôta Sometani, Elaiza Ikeda, Erina Mano, Megumi Kagurazaka, Makita Sports, Ken Yasuda, Maryjun Takahashi, Ami Tomite, Rosa Sahel, Rika Hoshina

Japon – 2015 – 1h54

Rating: ★★★★☆

the-virgin-psychics

Yoshiro est un lycéen timide et renfermé. Et n’ayant pas de copine, ni de pratique sportive ou culturelle et surtout puceau, son activité préférée est la masturbation en fantasmant sur toutes ses connaissances féminines en espérant que l’une d’elles lui soit destinée, son âme sœur… Mais un soir, une lueur, ou un rayon, pénètre sa chambre au moment de l’extase…

Sono Sion est de retour (en même temps il n’est jamais loin) avec un nouveau film de commande. Coutumier du mélange des genres (tant mieux on adore ça à Celluloïdz), le long-métrage proposé au PIFFF est à la fois une comédie de science-fiction, un anti-film de super héros (ou film d’anti-super héros) et bien sûr un teen movie. D’ailleurs, on peut évoquer, suggérer la corruption et la perversion de la jeunesse comme démarche entreprise. En effet, il y est réfléchi frontalement sur l’acte sexuel solitaire, pratiqué chez les garçons comme chez les filles. Mais à la différence de l’acte sexuel à deux qui est magnifié, l’acte solitaire est on ne peut plus déprécier, « c’est sale ». « Ne te moque pas de la masturbation, c’est faire l’amour à quelqu’un qu’on aime » a écrit Woody Allen, pourtant dans leur rapport au sexe, les personnages lycéens du film pratiquent cet acte en espérant autrui. Par conséquent, le réalisateur amène son discours à exprimer que c’est à l’adolescence qu’apparaît le fantasme, qui est quelque chose à prendre en compte dans la construction identitaire et dans le flux des hormones. En même temps, l’image de la lycéenne japonaise à mini-jupe est très diffusée dans le monde, une image fétichiste. Sinon, la virginité n’est pas vraiment une question, à la différence des teen movies occidentaux et on ne lésine pas sur le caractère obsessionnelle sexuelle des lycéens, toujours garçons comme filles. En clair tout le monde veut coucher, mais tout le monde le dit dans sa tête, donc personne le fait, d’où l’intérêt du pouvoir de Yoshiro, la télépathie. Car le caractère science-fictionnel se joue sur l’évolution de l’humain, donc l’acquisition de perceptions extra-sensorielles : la télépathie pour certains « super vierges », la télékinésie pour d’autres, la téléportation ou le contrôle mentale, voire la précognition.

 

Mais l’adolescence et aussi l’apprentissage du contrôle de ses émotions, tout en évitant l’isolement ou l’enferment propre à cet âge. Et le contrôle le plus compliqué est eros et tanathos, la pulsion sexuelle face à la pulsion de mort. De là, on a conscience que notre corps est érotisé de fait. Mais Sono Sion ne s’arrête pas là, il pousse au paroxysme le baroque et l’absurde. En effet, d’un côté répétitif voire débile, le discours filmique propose de changer le monde, le renverser, en prendre le pouvoir par eros plutôt que tanathos. Le sexe et l’érotisme sont avancés scénaristiquement comme points d’impulsion, points de départ d’un changement sociétal, d’un changement mondial. Si le sexe, complété à l’érotisme, est le pouvoir, alors pratiquons-le à fond, nous serions alors vraiment dans une démocratie, le pouvoir au peuple, pour le peuple et par le peuple. C’est osé, à la limite du subversif tout en étant déjanté. Mais la fin se montre cynique et acide… Mais drôle. Ajoutons en dernier point la présence de multiples trouvailles visuelles (fumée aphrodisiaque, surimpressions, effets spéciaux faussement cheap) et le défi fou d’avoir su diriger à la perfection des mannequins bikini, lingerie et autres mannequins de charme (Anna Konno, Mizuki Hoshina, Ai Shinozaki, Airi Shimizu) dans ce film à contre-courant.

Sono Sion a toujours la forme, il doit même finir un film avant la fin de l’année, son quatrième pour 2015. En attendant, a-t-il raison de dire que nous sommes des éternels adolescents ?

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…