Critique: Some Kind of Hate [PIFFF 2015]

VN:F [1.9.22_1171]
Notez ce film
Rating: 0.0/5 (0 votes cast)

Some Kind of Hate

D‘Adam Egypt Mortimer
Avec Ronen Rubistein, Grace Phipps, Sierra McCormick, Michael Polish

Rating: ★★★★☆

Sélection en compétition au PIFFF 2015.

Some kind of hate

Lincoln, un lycéen qui a eu le malheur de répondre au harcèlement dont il faisait l’objet, est envoyé dans un camp de redressement au cœur du désert. Il est vite confronté à Moira, une résidente qui s’est donnée la mort en ces lieux. Des liens se tissent alors entre Lincoln et le fantôme qui (je vous le donne en mille !) conduisent vite à un massacre au sein de l’établissement…

Premier film de son auteur, Some kind of hate est un slasher qui, plutôt que de porter une énième réflexion méta sur le genre, préfère retourner à ses fondements mêmes pour mieux les redéfinir. Les traditionnels quartiers résidentiels désertés par les parents et autres colonies de vacances font ici place à un camp de redressement et le fantôme d’une adolescente en souffrance se substitue au boogeyman impénétrable. Ces aménagements permettent à Adam Egypt Mortimer de dresser un portrait sans concession d’une adolescence en crise, tourmentée et autodestructrice. Dirigé par un éducateur, qui tient plus du gourou new age (joué par Michael Polish qu’on est heureux de retrouver même sans son frangin), assisté par une WASP moins propre sur elle qui n’y paraît, le camp n’offre aucune perspective à ces jeunes qui se retrouvent piégés entre cette société qui les rejette et leurs propres pulsions de mort. Moira, personnage qui peut aussi évoquer les films de fantômes japonais, est à la fois victime et bourreaux, s’infligeant à elle-même des scarifications qui se reproduisent sur ses proies jusqu’à la mise à mort.

La violence rageuse qui en résulte (et le film n’y va pas avec le dos de la cuillère) n’est alors jamais gratuite tant elle colle à la peau de ses protagonistes. Adam Egypt Mortiner n’oublie jamais de se mettre à la hauteur de ses personnages et traite son sujet sans moralisme. On pourra regretter que ce

de la crise d’adolescence ne soit pas aussi original dans son développement assez vite répétitif (propre au slasher me direz-vous ?) et que certaines idées n’aient pas été mieux exploitées (le mysticisme du camp notamment) mais on salue la radicalité de l’entreprise, et ce jusqu’à un final logiquement des plus nihilistes.

Original sans être révolutionnaire, Some kind of hate a donc le mérite de s’imposer comme un slasher singulier et premier degrés, aux antipodes du traitement rigolard voir souvent moqueur qu’on a pu voir à l’œuvre depuis Scream. Sorte de rencontre impromptue entre Larry Clark et Hellraiser sous un soleil de plomb, le film se pose comme un archétype à la fois du genre mais aussi du cinéma indé américain par son exploration de leur même sujet de prédilection : l’adolescence. Some king of hate, sans être indispensable, est donc un film à voir.

HollyShit

Partager cet article
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • email

About HollyShit

C’est un endroit extraordinaire dont le nom s’affiche fièrement à front de colline (le « O » est à Alice Cooper et le « Y » à Hugh Hefner !) : cité des anges où tout le monde a un sexe, Mecque où les juifs sont bienvenus, usine à rêve désormais spécialisée dans le recyclage … Les étoiles tapissent ses trottoirs à défaut de pouvoir percer les nuages de pollution. Sous son soleil paradisiaque, la neige y tombe pourtant toute l’année, importée directement de Colombie. Là-bas, les nourrissons tètent du lait au silicone et les mexicains rêvent d’avoir des guatémaltèques pour récurer leurs toilettes. Ce pays sera ici représenté par un émissaire qui n’y a jamais foutu un pied et qui signe « Clém’ » à la pointe du stylet de sa palette graphique.