Critique : Scream Girl [PIFFF 2015]

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Rating: 5.0/5 (1 vote cast)

The Final Girl

De Todd Strauss-Schulson

Avec Taissa Farmiga, Malin Akerman, Alexander Ludwig, Alia Shawkat, Nina Dobrev, Adam Devine

Etats-Unis – 2015 – 1h31

Film d’ouverture du PIFFF 2015 – Dispo en VOD chez Sony Pictures Home Entertainment 

Rating: ★★★☆☆

scream girl

Max, la fille d’une scream queen des années 80 récemment décédée,  se rend avec ses amis à une séance de Camp Bloodbath, un slasher reprenant dans les grandes lignes Vendredi 13 (ou ses suites parce que Jason tout ça tout ça…). Mais alors qu’un incendie se déclenche dans la salle, Max et ses amis se retrouvent mystérieusement (et cela le restera d’ailleurs) projetés dans le film. Ils sont alors confrontés à ses personnages d’adolescents décérébrés et à son tueur psychopathe, devant redoubler d’ingéniosité et puisant dans leurs connaissances du genre pour espérer survivre jusqu’à la fin du film. Mais Max, elle, vit une expérience beaucoup plus intime, se retrouvant face à sa mère, du moins le personnage qu’elle incarnait, et l’opportunité de pouvoir cette fois-ci la sauver…

 Comme vous l’aurez compris à la lecture de ce pitch so Twilight Zone, Scream Girl est un film méta qui se propose de jouer des stéréotypes du genre dans la joie et la bonne humeur. On y retrouve un casting essentiellement issu de la télévision : Taïssa « American Horror Story » Farmiga (pour le coup une vraie scream queen !), Nina « Vampire Diaries » Dobrev, Thomas « Hunger Games » Middleditch (on me fait signe que Hunger Games serait apparemment une série de films !), Alia « Arrested Development » Shawkat , Alexander « Vikings » Ludwig et le génial Adam « Workaholics » Devine, auxquels vient s’adjoindre une Malin Akerman entre deux âges. Si Scream Girl fait fortement penser à Last Action Hero, force est de constater qu’il n’est pas, à l’instar de son illustre prédécesseur, réalisé par un cador du genre qu’il parodie et le film se base principalement sur les principes énoncés et largement popularisés par Scream. Les cinéphiles pourront alors regretter que le film n’entretienne avec le genre que des rapports finalement assez superficiels pour privilégier la comédie pure. Les personnages, en bons adolescents post-Scream (le geek n’est plus le seul à posséder le savoir), connaissent très bien les règles du slasher et les désamorcent vite pour monter un plan à la Maman j’ai raté l’avion afin de contrecarrer le plan pourtant bas du front du tueur increvable. Ils évitent ainsi la série de meurtres caractéristiques du genre et la violence graphique qui pourrait en découler. On peut alors questionner le choix de Vendredi 13 comme référence, la saga s’étant toujours démarquée, en opposition à Halloween, par son gore qui tâche. Mais non, Scream Girl, malgré une certaine folie qui doit beaucoup à un Adam Devine en roue libre, tourne en dérision le puritanisme du genre pour se montrer finalement tout aussi sage.

Les fans de films d’horreur pourront ainsi rester sur leur faim. Todd Strauss-Schulson ne semble pas vraiment s’intéresser au genre (du moins au-delà des impératifs de son script) et, à l’exception d’une bande annonce très grindhouse (qu’on peut d’ailleurs plus voir comme une référence à Tarantino et Rodriguez qu’aux films matriciels), n’entretient dans sa mise en scène qu’assez peu de fétichisme vis-à-vis des slashers. Ainsi, il se permet des effets de mise en scène (et même des références aux films d’arts martiaux lors de l’affrontement final) plutôt hors contexte qui trahissent son passé de clippeur et que je laisserais à l’appréciation de chacun. Le cinéaste s’amuse plus volontiers de la différence d’époque entre les personnages du film et ses héros. Il émane de ce décalage une nostalgie moins feinte qu’il pourrait sembler et qui fait le sel de Scream Girl.  En effet, Todd Strauss-Schulson réalise malgré tout un film très personnel. Ayant lui-même perdu son père alors qu’il venait d’accepter le projet, il fait de la quête de Max, affrontant les règles du genre pour sauver sa mère, le véritable cœur du film, épaulé par une Malin Akerman investie et tout en nuances. Il injecte ainsi à son exercice potache un indéniable supplément d’âme.

A la fois revival 80 (on peut l’inscrire à ce titre dans la lignée de Turbo Kids ou Kung Fury pour cette année 2015 par ailleurs marquée par l’anniversaire de Retour vers le futur) et comédie teenage, Scream Girl est donc un méta film divertissant, sans grandes surprises mais honnête. Dans le genre, les amateurs lui préféreront certainement Tucker et Dale fightent le mal ou la Cabane dans les bois mais il serait bien dommage de se priver de ce slasher sentimentaliste.

Hollyshit

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About HollyShit

C’est un endroit extraordinaire dont le nom s’affiche fièrement à front de colline (le « O » est à Alice Cooper et le « Y » à Hugh Hefner !) : cité des anges où tout le monde a un sexe, Mecque où les juifs sont bienvenus, usine à rêve désormais spécialisée dans le recyclage … Les étoiles tapissent ses trottoirs à défaut de pouvoir percer les nuages de pollution. Sous son soleil paradisiaque, la neige y tombe pourtant toute l’année, importée directement de Colombie. Là-bas, les nourrissons tètent du lait au silicone et les mexicains rêvent d’avoir des guatémaltèques pour récurer leurs toilettes. Ce pays sera ici représenté par un émissaire qui n’y a jamais foutu un pied et qui signe « Clém’ » à la pointe du stylet de sa palette graphique.