Pop Art & dévolution: la mort de l’Art

 
 
 
 

Captureshia

Shia’s buffering

Deux hauts faits  artistiques ont quelque peu attiré mon attention ces derniers jours: le scandale Ideealizse à la Paris Game Week et la performance #Allmymovies de Shia Laboeuf.

Pour rappel des faits, Ideealizse est une « artiste geek », du moins, tel que la vendent les médias mainstream et certains plus spécialisés, portée en gloire depuis quelques temps dans la sphère geek, au point d’être invitée par les organisateurs de la Paris Game Week pour tenir un stand/expo au profit de l’assoc Les Petits Princes. Mais de cette explosion médiatique soudaine, Ideealizse n’aura pu que savourer le panache et le sens aigu de la justice des réseaux sociaux. En quelques heures, Facebook et Twitter deviennent le relais de vieux doss concernant la demoiselle, d’interview de graphiste/artiste plagié au photomontage prouvant la supercherie: Ideealizse piquerait sur Google Image et Deviantart des artworks et fanarts d’icônes de la culture geek issues des comics, films et mangas, les passerait à la moulinette photoshop pour transformer le matériau de base en low-poly art. Devant la montée de rage populaire, l’artiste /plagiaire/faussaire s’est évaporée d’internet, supprimant profils twitter/facebook/insta/pinterest mais vidant aussi son eshop de sa substantifique moelle, à savoir les oeuvres mises en cause.

Pour ce qui est de #allmymovies, Shia Laboeuf monte en grade dans le grand WTF d’Hollywood, en effectuant une performance de 3 jours consistant à rester le cul assis dans une salle de ciné en matant sa filmo, du plus récent au plus ancien, sous l’oeil d’une caméra bien évidemment et retransmis en direct live en streaming ici. Les gens sont invités à venir se joindre à lui gratuitement, ce qui selon la rumeur, nécessitait 3 h de queue, à raison de 50 personnes dans la salle (dont un sosie de Kurt Cobain fort fier de son coup)…

kurt

Mais .. mais… c’est Kurt?

Ces deux phénomènes, ces deux buzz (bad or good), d’apparence sans relations, ont tout de même un point commun: ce sont tous deux des héritiers de Warhol et leurs démarches respectives s’apparentent à ce que prônait en quelque sorte le Pop Art du grand Andy: tout le monde peut faire de l’art, reproduire une oeuvre pop culture c’est de l’art, bref, TOUT est ART.

Mais Andy ne connaissait à l’époque la portée et la puissance des réseaux sociaux. Imaginez deux secondes ce qu’aurait été Warhol à notre ère: Aurait-il été considéré comme un plagiaire? Un opportuniste? Un mec qui veut juste faire le buzz? S’en serait-il pris autant qu’Ideealizse quand il reprenait des clichés existants qu’il colorait à l’arrache à coup de sérigraphie? Il prônait que chaque reproduction était une oeuvre en soi. A l’heure du net, le plagiat devient norme et il est quasiment impossible de faire valoir sa propriété intellectuelle ou la primauté d’une idée.

Badass Shia

Ideealizse est-elle artiste parce que son entourage et sa fanbase l’ont décrété? Shia est-il en train de nous faire un remake en mise en abyme de Sleep, Empire ou tout autre dispositif cinéma irregardable mis en place par Big Andy? Sommes-nous à l’heure du meta-Pop Art? Le concept même de #allmymovies suppose que la réalité peut être un film dans le film, nous regardons le film de Shia regardant ses films. De quoi disserter des heures dispositif cinéma, intra-extradiégétique fiction et réalité.  De quoi régaler les bancs de fac de ciné…

We are Devo.

Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.