Critique: Scream (série tv)

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Scream

 

de Jill Blotevogel, Dan Dworkin et Jay Beattie

Avec Bex Taylor?Klaus, Willa Fitzgerald, Carlson Young, John Karna, Amadeus Serafini, Tracy Middendorf, Jason Wiles

Etats-Unis – 2015 – 10 épisodes de 42 min

Rating: ★★★☆☆

scream tv

Produit par les Weinstein via Dimension Télévision, un peu par feu Wes Craven, et par MTV, la série dérivée de la saga Ghostface a débarqué chez nous par le biais de Netflix.

Pourtant, bien qu’elle en porte le nom et le logo, la série n’a aucun lien avec les meurtres de Woodsboro et la mythologie mise en place en 4 films par Craven et Williamson.

Ici, c’est Jill Blotevogel la showrunneuse qui officie comme co-scenariste, avec comme directive première de Bob Weinstein qu’aucune référence directe aux films originels ne soit faite… Point de Sydney et de Billy Loomis, la série devra construire ses propres personnages, sa propre instigue, son propre panthéon…. Point de Loomis donc (référence à Halloween) mais Brandon James, sorte de Jason de Vendredi 13 local, soupçonné d’avoir perpétré un massacre avant d’être abattu par la police sous les yeux de la fille qu’il stalkait, Daisy.

Mais que les fans de la saga de Craven se rassurent, aucune référence directe ne veut pas dire pour autant que les ficelles mises en place précédemment ne puissent marcher. On retrouve ainsi dans la construction de certains personnages des similitudes avec les archétypes de Craven: Noah le geek n’est pas sans rappeler Randy; Emma a une combativité et un instinct de survie digne d’une Sydney; Brooke, la biatch sympa, évoque Tatum, comme Jake rappelle Stu; Piper la blogueuse fait une bonne version 2.0 de Gale, etc, etc. A défaut d’évoquer sa propre mythologie, la série joue davantage avec les codes établis par la franchise de films pour déstabiliser son spectateur.

Des personnages similaires donc, comme autant de repères comfy pour le fan, mais la série garde également ce sens du meta cher à Kevin Williamson: ainsi, on cite à tour de bras groupes de musique, séries populaires, etc. Quitte à tacler au passage la concurrence, comme Pretty Little Liars… Néanmoins, l’idée première, transposer l’essence de Scream (tueur en série appelant ses victimes et jouant à un jeu avec elles) à l’ère des réseaux sociaux, où le cyberbulling est de mise, où la moindre appli de téléphone peut remplacer les gadgets d’un James Bond (traceur GPS, déformateur de voix, crack de webcams et d’ordis à distance), justifie en soi l’existence d’une série, format permettant le dépoussiérage qui n’avait pas été très concluant au ciné avec Scream 4.

Partant d’un choix de postulat très tranché et tout aussi risqué (ne pas établir de liens avec la franchise ciné), cette première saison de Scream a l’avantage de parvenir à upgrader le concept de Craven et Williamson, en utilisant (parfois à outrance) tous les outils webs existants, du smartphone à Facebook, du GIF à l’appli à la con, quitte à parfois en faire un peu trop dans le langage djeuns (tavu).

Malheureusement, les thèmes chers à Scream (le bullying, le secret, la multitude de suspects potentiels) sont depuis devenus l’apanage de la série adolescente à l’instar de Gossip Girl ou de Pretty Little Liars. La série thriller horrifique au lycée est presque devenue un genre en soi et Scream en souffre indéniablement arrivant trop tard et avec un nombre d’épisodes plus réduits par saison… Un bémol qui cependant ne nous empêchera pas de mater la seconde saison prévue pour 2016 (histoire de voir comment ils vont bien pouvoir rebondir sur ce twist final!).

Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.