Critique: Pat Garrett et Billy le Kid

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Pat Garrett & Billy the Kid

De Sam Peckinpah

Avec James Coburn, Kris Kristofferson et Bob Dylan

Etats-Unis – 1973 – 2h02

Rating: ★★★★★

PAT GARRETT BILLY THE KID

1881, le shérif Pat Garett est chargé par un propriétaire terrien de mettre en prison William Bonney, alias Billy the kid. Hors, étant amis, Pat ne souhaite pas faire pendre Billy et lui conseille de quitter la région. Après l’avoir finalement mis en cellule, il s’enfuit et cette fois Pat est chargé par les politiques de le retrouver et de le tuer.

Basé sur un script de Rudolph Wurlitzer et initialement prévu pour Monte Hellman, l’adaptation de la célèbre histoire de Pat Garrett et Billy le kid échouera à Sam Peckinpah, la MGM souhaitant un nouveau La Horde Sauvage. Le réalisateur se montre intéressé mais sous réserve d’apporter des changements, car il est principalement motivé par l’amitié entre Garrett et le kid, et non la violence dont ses films sont coutumiers. Promettant tout de même d’assurer le spectacle, le studio lui laisse donc le choix du casting et de l’histoire.

Charlton Heston (déjà dans l’excellent Major Dundee), Paul Newman ou encore Robert Mitchum refusent son offre, et c’est James Coburn (aussi dans Major Dundee) qui héritera du rôle de Pat Garrett. Kriss Kristofferson acceptera le rôle de Billy sous réserve de jouer avec son groupe d’amis, ce que Peckinpah acceptera. Gordon Caroll, à l’origine du projet, souhaite engager Bob Dylan, star qui assurera au film du succès, mais Peckinpah n’est guère enchanté, considérant Dylan comme un chanteur pour minette. Après une soirée joints/coke et quelques chansons, il en sort finalement convaincu et lui propose même de s’occuper de la musique du film.

 

Malheureusement, le tournage enfin sur pied se révèle un cauchemar : Tempêtes de sable, épidémies de grippe et équipement défaillant font picoler Peckinpah qui termine le film avec 21 jours de retard. Considérant désormais la MGM comme le diable, il refuse toute communication et commence le montage du film à Los Angeles. Quelques personnes dont Martin Scorsese lui rendent visite et constate alors que le montage est celui d’un très grand film, avant d’apprendre que le dirigeant de la MGM, James Aubrey, a déjà prévu de sortir le film dans une version plus courte pour les salles. Peckinpah engage alors deux tueurs mexicains pour le tuer (sic!), mais sera heureusement raisonné. Le film sera un échec public et critique, enfonçant encore un peu plus le réalisateur qui n’a alors pas encore digéré les mauvais résultats de Cable Hogue.

Loin de n’être qu’une chasse à l’homme, Pat Garrett & Billy the kid est avant tout l’histoire de deux hommes qui ont une vision du monde différente. Autrefois hors la loi, Garrett souhaite, comme il le dit lui-même à plusieurs reprises « bien vieillir », jusqu’à tuer son ami pour s’assurer un avenir paisible. Hors tout au long du film, ce dernier ne cesse de vouloir oublier le temps et son propre vieillissement. Billy, lui, n’a que faire des lois et de la société moderne, et seule la liberté l’intéresse. Une sorte de punk avant l’heure en fait. Quant au choix de Bob Dylan dont la sublime musique s’accorde parfaitement avec les images crépusculaire du film, son personnage presque mutique peut être vu comme une personnification du spectateur, témoin des événements tragiques qui se jouent. Pat Garrett et Billy the Kid et un film aussi important que La Horde Sauvage ou Strawdogs malgré le fait que le montage n’est toujours pas celui de Peckinpah. Un western violent et poétique peut-être trop en avance sur son temps, mais qui mérite autant d’estime que les chefs-d’œuvre précités.

 

Evilhost

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Venu du futur pour empêcher Argento de devenir aussi mauvais qu’Uwe Boll, j’ai malheureusement échoué dans ma mission. Ainsi donc, je suis bloqué dans cette réalité alternative ou Spielberg est considéré comme un génie, condamné par les dieux du bis à mater en boucle et pour l’éternité la filmo de Jean Luc Godard.