Critique: Kill Your Friends

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Kill Your Friends

De Owen Harris

Avec Nicholas Hoult, Ed Skrein, Craig Roberts et James Corden

Royaume-Uni – 2015 – 1h40

Rating: ★★☆☆☆

KILL YOUR FRIENDS

Londres 1997. La brit-pop touche à sa fin mais une poignée de directeurs artistiques cokés jusqu’aux oreilles se tirent dans les pattes afin de dénicher la nouvelle perle rare, celle qui fera vendre des disques à la pelle. Jeune cadre de l’industrie musicale sans aucune once de moralité, Stelfox est prêt à tout pour parvenir à ses fins.

Vendu comme un American Psycho dans le monde de la brit-pop, Kill Your Friends découle de l’expérience de son auteur, John Niven, ancien DA de labels comme London Records, Independiente et A&R, et qui se distinguera pour avoir laissé filer des gros poissons comme Muse et Coldplay. Niven a compilé ce qu’il a vu, entendu et sniffé dans le milieu pour écrire un best-seller, un 99 francs sur une période révolue, celle de la brit-pop, de ses groupes jetables, de ses consommateurs de disques et de ses apprentis-musiciens en quête de signature sur une maison de disque.

 

Pas de surprise. Kill Your Friends ressemble bien à un American Psycho dans le monde de la brit-pop, nous présentant une jolie brochette de connards psychotiques qui en font des caisses sur leur comportement de connards psychotiques. Si les récents efforts de Nicholas Hoult (The Young Ones, Mad Max Fury Road) pour démolir son image de garçon propret restent louables, on regrettera qu’il se jette à cœur perdu dans ce rôle aussi étriqué que désuet, photocopie pâlotte de Patrick Bateman sur laquelle l’acteur vient cabotiner comme un diable (on ne refait pas Le Loup de Wall Street aussi facilement).

Certes, le film ne se regarde pas sans déplaisir, grâce à son rythme forcément percussif et sa bande-son nostalgique. Mais cette charge au vitriol sur l’envers du décor de l’industrie du disque dans son dernier Âge d’Or dénote du peu de passion du film pour son sujet musical. Si c’est toujours marrant de se moquer de la durée extraordinairement excessive des morceaux de Goldie, coller un Steve Albini sur la production de The Lazies (le groupe fictif de l’histoire) n’a en revanche rien de génial (j’aurai misé sur un Nigel Godrich) et reste un simple effet de name-dropping totalement creux pour séduire l’indie fan, témoignant bien que les directeurs artistiques ne s’y connaissent pas plus que vous et moi. On est donc très loin de l’acuité de vrais réalisateurs critic-rock comme Todd Haynes ou Michael Winterbottom. Film de petit malin sans réelle subtilité, Kill Your Friends ne dépasse pas son cadre de thriller d’entreprise qui choquera les ménagères. Et c’est bien dommage…

 

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».