Critique: Body Parts

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Body Parts

Réalisé par Eric Red

Avec Jeff Fahey,  Brad Dourif, Zakes Mokae, Kim Delaney, Lindsay Duncan

USA -1991 – 1h 28 mn

Rating: ★★★★☆

BODY PARTS

Bill Crushank est un psychologue travaillant exclusivement en milieu carcéral. Intègre, il s’accroche au rêve d’au moins réussir à soigner ne serait-ce qu’une personne. Alors qu’un matin il se retrouve victime d’un accident de voiture qui lui coûtera un bras, le mystérieux Dr Webb demande à sa femme l’autorisation pour une transplantation expérimentale. L’opération est un succès total mais le tout nouveau bras en question commence à poser problème toutefois au bon Docteur, en ce qu’il semble parfois doté d’une vie propre (!) et il comprendra un peu mieux l’origine des visions qui le hantent lorsqu’il découvrira que son donneur d’organes, condamné à mort, était un psychopathe ayant décimé une trentaine de personnes.

Bien sympatoche ma foi de voir ce vieux briscard de Jeff Fahey  – qui décidément n’a pas eu la carrière qu’il méritait (à cause du flop du film Le Cobaye paraît-il, pourtant tout à fait recommandable) avoir le rôle titre dans cette petite série B. Celle-ci décline en effet assez bien son postulat de « thriller-gore », en ce que ce dernier élément est très très bien incorporé à la narration, par petites touches, offrant son lot de tissus cicatriciel et de membres arrachés ici et là mais sans donner dans la surenchère, faisant surtout en sorte d’intégrer au mieux ce paramètre dans les « figures imposées » du mainstream (voir notamment la très belle séquence de course-poursuite en voiture qui est un vrai morceau de bravoure). Démarche qui je crois n’est pas forcément très bien exploitée ces temps-ci mais qui risque fort de redevenir tendance au vu du succès du Found de Scott Schirmer (et de son spin-off très attendu, Headless).

Le final se la joue un brin sérieux-sérieux avec la minute « science sans conscience » un peu martelée et un dénouement un brin convenu, mais on doit reconnaître à l’ensemble de belles qualités d’écriture concernant le déploiement de son intrigue  – ainsi que de son propos, à savoir une réflexion sur toutes les formes de violence (domestique, sublimée, etc..) nous rappelant que le mal n’est pas forcément inscrit dans nos gènes comme essaie de nous le faire croire le Front National, et que beaucoup de choses dans la vie se résument plutôt au contraire à des questions de choix.

Le film se présente se présente en effet comme une déclinaison absolument sans prétention du mythe de Frankenstein, avec l’idée de « l’individu recomposé » et tout ce que cela véhicule en terme de réflexion humaniste (« être membre du corps social ») et on notera également un discret (mais efficace)(car tout à fait bienvenu) clin d’œil au Scanners de Cronenberg (pas si étonnant comme référence pour peu que l’on s’approche de l’organique) quand le héros cherche à infiltrer le réseau du méchant et qu’il rencontre d’autres télépathes comme lui, dont un artiste qui canalise son pouvoir en le sublimant ; c’est un peu le cas ici avec les autres transplantés avec qui Fahey cherche à entrer en contact histoire de savoir s’ils ont les mêmes problèmes que lui, notamment le personnage de l’inénarrable  Brad Dourif, peintre raté qui du jour au lendemain connaît la gloire en laissant libre cours sur la toile aux sombres pulsions qui le parcourent dorénavant.
L’histoire est adapté d’une nouvelle de Pierre Boileau et Thomas Narcejac (dont les autres créations un peu plus célèbres sont deux autres nouvelles à l’origine de Vertigo et de Les diaboliques – ahem) et la réalisation, tout à fait honorable, est due à Eric Red, scénariste de certains opus incontournables des années 80 tels que The HitchHiker ; Blue Steel et Aux Frontières de l’Aube. Le film est comme qui dirait un peu passé à côté de la gloire, et c’est bien dommage, mais il commence à faire l’objet d’une reconnaissance tardive, ce qui n’est déjà pas si mal. Et comme je le disais un peu plus haut, il se pourrait que mine de rien, nous soyons en présence ici de l’un des maîtres-étalons d’une certaine production de demain.

                                                

Nonobstant2000

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