Critique : Yakuza Apocalypse: The Great War of the Underworld [L’Étrange Festival 2015]

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Gokudou daisensou

De Takashi Miike

Avec Yayan Ruhian, Rirî Furankî, Mio Yûki

Japon – 2015 – 2h05

Rating: ★★★★☆

yakuza-apoc2

Kageyama, jeune provincial japonais, souhaitait par dessus tout devenir yakuza. En rencontrant le chef de clan Kamiura, son rêve se réalise, bien qu’il ait la peau trop sensible pour se faire tatouer. Mais lors d’un guet-apens, son chef meure et Kageyama découvre que c’était un vampire…

Comédie horrifique jusqu’au-boutiste et je-m’en-foutiste du génial prolifique Takashi Miike, il semble avoir annoncé qu’il arrêtait ce genre de films pour privilégier des films plus sérieux, notamment des films de samouraïs (on se rappelle 13 assassins, ou Hara-Kiri),  il traite cependant de la figure du yakuza comme entre-deux, comme être fantastique. En effet, les yakuzas constituent une société à part dans le Japon, tout en étant bien intégrée au pays. Sauf, bien sûr, quand ils décident de se trucider dans des batailles chaotiques en pleine rue, ce qui peut risquer d’arriver dans les prochains temps avec l’éclatement de la plus grande famille yakuza actuelle. Alors de la métaphore du vampire, on peut comprendre le yakuza comme paria accepté et toléré « suçant » l’essence des citoyens qu’il côtoie tout en les aidant lors de leurs différents problèmes. Un yakuza est donc à la fois ange et démon, glandeur et philanthrope, poseur et violent avec une diction particulière. Pour ce discours, le metteur en scène japonais recourt toujours à l’humour absurde, une tortue de mer kappa et des grenouilles faisant du kung-fu tout en imaginant des vieux yakuzas apprenant le tricot. Et comme cela ne suffisait pas, il est distillé une allusion à la saga Twilight, avec une histoire d’amour entre le héros et une fille qu’il a sauvée. D’ailleurs le héros peut rappeler celui des Affranchis joué par Ray Liotta (c’est plus cool d’être mafieux que d’être président des Etats-Unis).

Malheureusement, le film est trop décousu, souffre de problème de longueur, de problème de rythme avec des personnages dont on ne sait s’ils sont vraiment utiles et par moments, on a l’impression d’une redondance des actions. Ce qui semblait marcher pour le trilogie Dead or Alive ou Gozu, semble tâtonner pour ce film, malgré la guest star Yayan « Mad Dog » Ruhian (magnifiquement looké du début à la fin), le méchant dans le diptyque The Raid, aussi chorégraphe des deux films de Gareth Evans. Mais ce n’est pas sûr qu’il ait chorégraphié ceux du film de Takashi Miike, car il y a une certaine illisibilité des combats hormis à la fin (le montage pose un peu problème tout au long du film). Par ailleurs, ajoutons que le long-métrage se mue par moments en film de zombie quand toute la population semble atteint d’un mal étrange… Et que le chef yakuza a le cerveau partant en compote et invente un jardin particulier…

De la fin à rebours,  Only lovers left alive.

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…