Critique: Upstream Color [L’Etrange Festival 2015]

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Upstream Color

De Shane Carruth

Avec Amy Seimetz, Shane Carruth et Andrew Sensenig

États-Unis – 2013 – 1h36

Rating: ★★★★★

UPSTREAM COLOR

Dans le terreau de certaines plantes se trouve une larve aux étranges vertus. Introduite dans l’organisme humain, elle connecte les consciences dans une sorte de phase vers un fondement biologique originel. Mais les individus ayant subi l’expérience ne se sont pas spécialement portés volontaires. Comme Kris, une jeune femme délestée d’une forte somme d’argent, qui rencontre Jeff, venu directement à sa rencontre. Ensemble, ils essaient de se réapproprier leurs souvenirs et de comprendre ce qui leur est arrivé.

En 2004, Shane Carruth provoquait une sacrée secousse dans le cinéma indépendant avec Primer, un film de science-fiction sans moyen qui donnait pourtant le vertige avec son histoire de voyage dans le temps, considérée comme l’une des plus crédibles que l’on ait pu voir à l’écran. Il aura fallu quasiment une décennie pour que l’ingénieur-mathématicien accouche de son second long-métrage, ce tout aussi curieux Upstream Color, présenté à Deauville il y a deux ans pour être enfin bientôt distribué sur notre territoire.

En dix ans, Shane Carruth n’a en rien simplifié sa manière d’aborder le cinéma. Aux causeries austères de Primer succède une approche beaucoup plus sensorielle. Filmant les micro-organismes avec la même fascination d’un Terrence Malick pour l’infiniment grand, le réalisateur américain fait de Upstream Color un objet cinématographique hypnotique, superposition de micro-séquences qui évoque effectivement le Resnais des grandes heures. La première partie est d’ailleurs à l’avenant, glissant d’un personnage à l’autre dans une symphonie visuelle éblouissante dont la partition nous sera en grande partie hermétique sur les premières visions.

Tout comme Primer, il faudra donc regarder ce film biologique, aux multiples points de vue tronqués, plusieurs fois pour en percer tous les mystères. Cela pourrait être décourageant si Upstream Color n’en restait à ce point sensible et vivant, détenteur de vérités impalpables sur les rapports humains et les cycles de vie qui ne peuvent que nous scotcher devant l’écran. Tel un fluide visuel qui suivrait son propre écoulement et sous lequel on viendrait volontiers s’y régénérer à la recherche de clés sur le sens de l’existence, si tant est que celle-ci en ait vraiment un. De la Hard Science avec un cœur qui bat derrière, ça ne se refuse pas.

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».