Critique: TAG [L’Étrange Festival 2015]

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Rating: 3.0/5 (1 vote cast)

Real Oni Gokko 

de Sono Sion

Avec  Reina Triendl, Mariko Shinoda, Erina Mano, Mika Akizuki, Urara Aryû, Mao Asô, Nanami Hidaka, Aki Hiraoka

Japon – 2015 – 1h25

Rating: ★★★★☆

TAG

Mitsuko, jeune lycéenne ayant réchappé au terrible massacre de sa classe par une force surnaturelle, se retrouve prisonnière d’univers parallèles où elle revêt de nouvelles identités.

Prolifique est l’un des nombreux adjectifs qui définissent le mieux Sono Sion. Avec sept films pour 2015, le bougre fait presque autant de films en un an que Tarantino en toute une carrière. Sont-ils tous majeurs dans sa filmo? Probablement pas. Mais le cinéaste est un touche à tout et chaque expérience derrière la caméra lui permet au final d’affûter sa mise en scène, de développer la multitude d’idées qui fourmille dans sa caboche sacrément créative.

TAG, s’il n’égale la virtuosité d’un Guilty of Romance, la folie glauque d’un Suicide Club ou la folie WTF d’un Why Don’t You Play In Hell, comporte néanmoins un paquet d’idées qui auraient méritées d’être plus amplement approfondi, à l’image de son introduction, horrifiquement dingue et gore. S’amusant comme un foufou avec les codes de divers genres et les clichés véhiculés par la pop culture nippone (aaaah les jupes ras la culotte des lycéennes), Sono Sion se plait à nous balader d’un univers à l’autre, d’une identité à l’autre, nous laissant parfois aussi confus et désorientés que son héroïne.

Alors que l’on espérait un film drôle et léger, Sono Sion nous prend à revers et livre en réalité une fable flirtant avec le glauque, une Alice plongeant dans diverses réalités avec la menace de la mort comme fil conducteur. Mais étant chez Sion, il fallait forcément que le film délivre un regard sur la société japonaise, une critique sur ses moeurs. Dans ce cas précis, il s’agit de l’objectivisation de la femme et la sexualisation de l’adolescente. Partant d’une simple fable SF sur les mondes parallèles, le cinéaste dévie subtilement vers le manifeste, d’un de ses sujets fétiches: la place de la Femme dans notre société moderne, plus précisément, dans la société japonaise actuelle.

S’il ne marque pas autant que certains films majeurs du grand Sono, Tag recèle toute l’intelligence de narration et de mise en scène du cinéaste. Remplaçant ses habituels travellings par des prises de vues en drone, s’amusant avec l’absurde et le « surréel », Sion prouve une fois encore que même lorsqu’il s’empare d’un petit budget et d’un petit projet, il le fait avec tout son immense talent et son coeur de cinéma gros comme ça.

Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.