Critique: Love & Peace [L’Etrange Festival 2015]

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Love & Peace

De Sono Sion

Avec Hiromi Hasegawa, Kumiko Aso et Suidobashi Hakase

Japon – 2015 – 1h57

Rating: ★★★★★

LOVE AND PEACE

Brimé par ses collègues de bureau, Ryoichi rêve de devenir une star du rock. Un jour, il adopte Pikadon, une petite tortue avec laquelle il planifie des projets imaginaires de réussite. Mais celle-ci est malencontreusement perdue. Fou de tristesse, Ryoichi compose une ballade pour Pikadon qui va le rendre ultra-célèbre. Pendant ce temps, Pikadon est recueillie dans l’antre magique d’un vieux clochard qui pourrait bien être le père Noël.

Sono Sion fait tellement de films par an que même les organisateurs de l’Étrange Festival finissent par s’y perdre sur le nombre exact pour cette année : 5 ? 6 ? 7 ? Avec le sanglant TAG, Love & Peace est le second film de la cuvée 2015 du réalisateur japonais frappadingue à être présenté au Festival. Pour Love & Peace, pas de sexe, ni de violence et encore moins de drogue. Mais le rock et la folie furieuse restent toujours là, faisant de ce film le plus « grand public » de Sono Sion que l’on ait vu depuis longtemps.

Comédie fantastique de Noël, Love & Peace ressemble à l’improbable fusion de Une star est née, Toy Story et Gamera. Comme toujours, Sono Sion n’en finit plus de claquer les fesses de Takashi Miike et nous livre un scénario une nouvelle fois riche et sans temps mort pour relier la success story d’un beautiful loser à la déjante finale de son délire kaiju eiga lorsque la tortue est assez grande – si je puis me permettre – pour retrouver son maître.

Outre ses aspects comiques et musicaux, il ressort de Love & Peace quelque chose de très émouvant dans cette volonté de garder la pureté de ce qui nous constitue face à une époque qui a de moins en moins de temps à accorder à quoi que ce soit. Ryoichi grossira médiatiquement aussi rapidement que sa tortue Pikadon (que l’on pourrait traduire par « monstre explosif »). Qu’en reste-il au final si ce n’est cette dénaturalisation de l’individu, contraint de renoncer à ses rêves par son incapacité à les maîtriser sans se pervertir. Plus sage tout étant aussi fou qu’un Why Don’t You Play in Hell ?, Love & Peace vient une nouvelle fois confirmer le talent précieux du prolifique et génial Sono Sion.

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».