Critique : La Fiancée du Vampire

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House of Dark Shadows

de Dan Curtis

Avec  Jonathan Frid, Grayson Hall, Kathryn Leigh Scott, David Henesy, Roger Davis

USA- 1970 – 1h 36 mn

Rating: ★★★★

HOUSE OF DARK SHADOWS
A la recherche du trésor de la famille Collins dans le caveau familial, le concierge Willy Loomis délivre accidentellement l’ancêtre Barnabas, un vampire âgé de 175 ans. Celui-ci se présente à ses descendants comme étant un lointain cousin éloigné et au cours d’un bal fêtant son arrivée, il rencontre la jeune Maggie Evans, véritable ré-incarnation de son amour perdu tragiquement, Josette DuPres. Il n’aura plus d’autre but que d’essayer de la faire sienne comme on disait à l’époque..

Dark Shadows, c’est le fantasme absolu de tout amateur de séries, dont il est difficile d’en envisager l’ampleur chez nous pas en Amérique : plus de 1000 épisodes au compteur (1125, tous disponibles à part un seul qui aurait été perdu mais récupéré en audio) à raison d’un épisode par jour pendant 5 ans, et surtout une audace scénaristique qui a marqué des générations : tout le bestiaire horrifique d’ Halloween, plus des intrigues multiples à base de voyage dans le temps et d’univers parallèles. Presque un Lost avant l’heure, mais gothique. What else ? Etant donné qu’essayer de visionner l’intégrale serait un travail de titan (j’ai bien essayé de demander un renfort de stagiaires suédoises à la Rédac) la seule opportunité d’ entre-apercevoir un peu de cet univers (si par exemple on a été un peu déçu par l’adaptation de Tim Burton, qui ne nous a malheureusement pas délivré l’hommage gothique en noir et blanc qu’il nous avait promis à l’époque de Ed Wood et Mars Attacks!) demeure de se rabattre sur les deux longs-métrages issus de la franchise, et c’est ce que nous proposons de faire ici avec ce premier volet datant de 1970.

En 1968, alors que la série était relativement encore en pleine gloire, son créateur Dan Curtis décida d’ambitionner un passage sur le grand écran, mais il ne reçût l’autorisation que deux ans plus tard , et son House Of Dark Shadows reprend donc l’histoire originale du vampire Barnabas Collins, avec une fin modifiée toutefois. Débarrassé de la présence des censeurs ET tourné en six semaines, le film s’avère beaucoup plus graphique que le show, tout en conservant malgré tout un certain cachet sériel dans le déroulement de son intrigue, ça rentre plutôt vite dans le sujet et sans ralentir, et on perçoit une rigueur assez métronomique dans la façon d’envoyer les scènes au chapitrage assez marqué. On n’échappe pas non plus à quelques zooms-caméras appuyés au violoncelle, là où c’est chouette c’est que cela finit par se transformer en véritable symphonie. Hormis cette façon d’aller à l’essentiel toute télévisuelle disais-je, le film délivre de très très belles spatialisations dès les premières minutes, ainsi qu’un emploi avisé des contre-jours. Les climax sont un peu martelés mais prennent une ampleur incroyable, remarquablement distillés qu’ils sont, qui culmineront absolument dans la dernière demi-heure, où l’on se croirait presque en plein Hammer. Tout au long du récit, Dan Curtis s’en donne à cœur joie avec un emploi judicieux des vues subjectives ainsi que des changements de points de vues, mais pour le final je vous assure qu’il sort l’artillerie lourde, sur-découpant et rajoutant par-dessus tellement de ralentis que ça en devient presque baroque.

On ne peut s’empêcher de ressentir une sorte de léger manque au niveau des enjeux, mais le spectacle en lui-même vaut amplement le déplacement, Curtis ayant manifestement à cœur de faire son Dracula à lui (ce qu’il finira par faire , en 1973, mais pour la télévision, avec Jack Palance dans le rôle titre). Beaucoup d’éléments rappellent également la trame originelle du roman de Bram Stoker, mais le scénariste-réalisateur tient pertinemment compte du fait que l’intrigue se déroule dans les temps modernes en donnant à son vampire l’occasion d’être débarrassé de sa malédiction du fait des avancées de la science. Je ne vous en dit pas plus, car si d’aventure il vous prenait l’envie de visionner le film, vous pourriez m’en vouloir : « The chips is strong with this one. »

Nonobstant2000

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